« Le plan vélo a complètement disparu » : le vélo en crise en 2025.
En 2025, le marché français des vélos neufs a reculé de 6,2 % avec 1 836 710 unités vendues, tandis que les ventes de vélos électriques ont chuté de 16 % pour atteindre 507 000. William Perrier, Directeur général Sud Europe chez Accell Group, a signalé que plus de 140 fermetures de magasins spécialisés ont eu lieu en 2025, contre 110-115 en 2024.

Sans surprise, les chiffres de la filière française du cycle sont en nette baisse en 2025 : -6,2 % pour les vélos neufs (1 836 710), et -16 % pour les vélos électriques (507 000 ventes) pour la seconde année consécutive. Cette chute s’explique par plusieurs facteurs.
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Avant la présentation des chiffres détaillés de l’Observatoire du Cycle, William Perrier a tenté d’expliquer cette situation par plusieurs éléments.
Un contexte économique qui pèse sur les ménages
Le secteur du cycle subit de plein fouet une crise de confiance liée aux tensions géopolitiques et économiques actuelles. La consommation des ménages français reste atone, marquée par un taux d’épargne particulièrement élevé et un moral bas, selon l’USC.
Ce ralentissement des dépenses, couplé à une légère hausse du chômage, impacte tous les modes de transport. Pour donner un ordre d’idée, le marché des trottinettes électriques n’est pas épargné avec 550 000 unités écoulées, soit une chute de 10 %.

Un des tournants majeurs de l’année 2025 est la fin des aides à l’achat. Depuis le 14 février 2025, les aides à l’achat nationales ont été supprimées, tout comme les certificats d’économie d’énergie (CEE) qui soutenaient jusqu’alors l’acquisition de vélos cargo par les professionnels.
William Perrier considère ce désengagement comme un signal inquiétant : « Le plan vélo a complètement disparu, il s’est envolé, il y a eu un arrêt des aides à l’achat au niveau national et local. C’est un frein pour notre économie, un frein pour le développement des infrastructures cyclables. Ça a eu un impact, on le voit dans notre quotidien ».
Une chaîne de valeur fragilisée mais résiliente
Cette conjoncture a provoqué des turbulences dans l’ensemble de la filière, des fabricants aux points de vente. L’année 2025 a par exemple été marquée par une augmentation des cessations d’activité. « On a connu en 2025 de nombreuses fermetures. Les magasins spécialisés sont parmi les plus touchés. On évoque plus de 140 fermetures sur l’exercice, contre 110-115 magasins en 2024. Les réparateurs ont aussi été touchés par ce contexte. Ensuite, les magasins non spécialisés, tels que ceux de motoculture, ont également rencontré des difficultés », souligne le responsable d’Accell Group.

Puis il a ajouté : « Des défaillances ont été observées chez certains grossistes et constructeurs. Cependant, la situation n’est pas totalement sombre. Le secteur continue d’attirer des investisseurs, avec une centaine d’ouvertures de magasins enregistrées cette année et une augmentation du nombre d’ateliers de réparation. » Malgré la réduction des volumes, William Perrier rappelle que « le vélo reste la catégorie de mobilité qui se vend le plus en volume sur le marché français. »
La pratique quotidienne comme moteur de croissance
Bien que les indicateurs de vente soient dans le rouge, l’usage du vélo, en revanche, progresse. Les données de l’Observatoire révèlent une augmentation de 5 % des passages de cyclistes sur l’ensemble du territoire. La France compte désormais 9 millions de pratiquants réguliers, pour le sport ou les loisirs, dont 42 % de femmes.
Cette dynamique est notamment soutenue par l’évolution des infrastructures urbaines. « On a de beaux exemples de batailles sur la politique cyclable. Récemment, Paris est devenue la capitale du vélo en Europe, devançant Amsterdam et Stockholm, ce qui montre qu’il est possible de réaliser de grandes choses malgré des obstacles », souligne William Perrier.
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Selon lui, cette transformation dépasse désormais le cadre des grandes métropoles : « L’utilisation quotidienne du vélo contraste avec les chiffres. La mobilité et la pratique sportive continuent de toucher un public de plus en plus large en France. Dans les grandes villes comme dans des villes de taille intermédiaire, tout peut être transformé pour accueillir la mobilité. Ce n’est pas seulement une question de grande ville. »

