
La première Ferrari Luce électrique, accusée d’être sans âme, est déjà complète.
La première Ferrari électrique est déjà complète pour 2026, et les nouvelles commandes en Chine sont désormais orientées vers 2027. Il semble que tous les marchés n’aient pas réagi de la même manière à cette Ferrari Luce.
Lorsqu’une nouvelle Ferrari fait son apparition, c’est toujours un événement marquant. Et quand il s’agit d’un modèle électrique, comme la Ferrari Luce, l’excitation est encore plus grande, même si ce n’est pas tant son fonctionnement électrique qui a suscité l’engouement sur Internet.
Ce qui a réellement fait parler, c’est son design controversé, jugé par certains comme dépourvu d’âme. En somme, tout a été dit à propos de cette Ferrari, mais il semble que le constructeur n’ait pas de préoccupations majeures sur le plan commercial.
La marque de Maranello n’a pas encore confirmé officiellement les chiffres de commandes pour la Luce. Cependant, le Financial Times a rapporté le 29 juillet, en se basant sur des sources anonymes, que la production prévue pour 2026, limitée à moins de 500 exemplaires, aurait été entièrement réservée en seulement deux mois.
Le lendemain, le média chinois Sina a évoqué plus de 500 commandes uniquement pour la Chine, sans que Ferrari ne valide ce chiffre.
Le prix en Chine est de 3 988 000 yuans hors options (environ 480 000 euros), ce qui est en réalité inférieur aux 550 000 euros demandés en Europe hors taxes. Cette différence s’explique principalement par la fiscalité locale sur les véhicules électriques, plutôt que par une stratégie commerciale ciblant spécifiquement le marché chinois, selon Ferrari.
Sur place, certains concessionnaires chinois demanderaient des acomptes non remboursables allant de 400 000 à 500 000 yuans (entre 50 000 et 60 000 euros), avec des délais de livraison désormais annoncés pour le troisième trimestre 2027 pour les commandes récentes.
L’histoire des « 88 exemplaires vendus » doit être nuancée. Après la présentation à Shanghai, plusieurs médias chinois avaient annoncé la vente de 88 unités en 72 heures. Une enquête menée par le média Jiemian News a depuis précisé que ce chiffre correspondait en réalité à un quota d’allocation distribué aux concessionnaires, et non à des ventes fermes liées à des véhicules de production identifiés. Le nombre exact de contrats signés n’a pas encore été communiqué.
Un autre point soulève des interrogations. Fin juillet, aucun des concessionnaires Ferrari à Pékin, Shanghai, Guangzhou ou Shenzhen ne disposait de véhicules de série disponibles pour des essais clients. Seuls des prototypes d’ingénierie circulaient encore lors d’opérations promotionnelles.
Sur le papier, la Luce affiche une architecture de 800 volts, une batterie de 122 kWh (115 kWh utiles) et quatre moteurs développant 1 035 ch pour 990 Nm. Ferrari annonce un 0 à 100 km/h en 2,5 secondes, une vitesse de pointe de 310 km/h, une autonomie WLTP de 530 km et une recharge de 10 à 80 % en environ 23 minutes.
Ces chiffres sont impressionnants, sans être pour autant totalement extravagants, car de nombreux constructeurs chinois haut de gamme atteignent également des performances similaires, voire supérieures. Cependant, une Ferrari, en particulier thermique, ne se mesure pas uniquement à sa puissance ou à ses performances, mais surtout aux sensations de conduite qu’elle offre.
La marque a également démenti toute obligation d’achat de la Luce pour accéder à de futurs modèles V12 limités, comme l’ont rapporté nos confrères de Numerama. Elle vise une production d’environ 2 500 unités d’ici 2030, un volume relativement marginal par rapport à la production totale de Ferrari, ce qui relativise d’autant l’ampleur réelle du phénomène commercial actuellement décrit.
