
Interdiction imminente de vente du Midea Portasplit : l’Europe cible les climatiseurs
À partir de 2029, le célèbre climatiseur Midea PortaSplit ne pourra plus être commercialisé en Europe. Cette décision découle de l’utilisation de son gaz R32, un fluide dont les implications environnementales soulèvent des préoccupations. Cet article clarifie les enjeux et rassure les utilisateurs actuels de cet appareil.
Le Midea PortaSplit a connu un succès fulgurant cet été, devenant introuvable dans de nombreux magasins en France. Pour répondre à cette forte demande, Midea a réorganisé ses lignes de production en Chine et expédié des unités en urgence vers le vieux continent. Cependant, peu d’acheteurs sont au courant que, dès le 1er janvier 2029, la version actuelle de ce climatiseur ne pourra plus être vendue neuve en Europe, en raison de la réglementation européenne sur les gaz réfrigérants.
Ce modèle se distingue des climatiseurs monoblocs traditionnels, qui évacuent l’air chaud par un tuyau inséré dans une fenêtre. Le PortaSplit, quant à lui, se compose de deux unités : une intérieure qui diffuse de l’air frais et une extérieure qui évacue chaleur et humidité. Avec une puissance de 3,5 kW (environ 12 000 BTU/h), il rivalise avec les climatiseurs fixes, dépassant largement les performances des modèles mobiles à tuyau.
Cette efficacité a pour conséquence que le PortaSplit nécessite une installation professionnelle, ce qui explique en partie sa pénurie. De nombreux acheteurs ont dû faire preuve de créativité pour l’acquérir à un prix raisonnable, loin des climatiseurs à bas prix qui ne rafraîchissent guère.
Le gaz R32, présent dans chaque appareil à hauteur de 0,62 kg, équivaut à 0,42 tonne de CO2 en termes de potentiel de réchauffement global (PRG). Bien qu’il soit moins nocif que son prédécesseur R410A, dont le PRG est de 2 088, le R32 reste problématique pour l’Europe, qui vise la neutralité carbone d’ici 2050.
La réglementation européenne, connue sous le nom de F-Gas III, a été mise en place pour éliminer progressivement les hydrofluorocarbures, dont fait partie le R32. À partir de 2027, les climatiseurs monoblocs et les pompes à chaleur de moins de 12 kW seront concernés, suivis par les systèmes split comme le PortaSplit en 2029. Les appareils de plus de 12 kW seront également soumis à des restrictions, avec des interdictions progressives jusqu’en 2035.
Il est important de noter que l’interdiction concerne uniquement la mise sur le marché des appareils neufs, ce qui signifie que ceux déjà en circulation, comme les PortaSplit achetés avant 2029, pourront continuer à être utilisés, entretenus et réparés sans problème.
Cependant, les utilisateurs doivent être attentifs à la recharge de gaz. Bien que le PortaSplit soit conçu pour minimiser les fuites, une panne majeure après 2030 pourrait entraîner des coûts élevés en raison de la réduction des quotas de gaz fluorés en Europe, rendant les réparations plus onéreuses.
L’industrie a déjà identifié un remplaçant au R32 : le propane, ou R290, qui présente un PRG de seulement 3, soit 225 fois moins que le R32. Ce gaz, non fluoré, échappe aux restrictions de F-Gas, mais sa nature inflammable impose des limitations sur la quantité pouvant être utilisée dans les appareils.
D’ici 2029, Midea devra proposer une version du PortaSplit utilisant un fluide avec un PRG inférieur à 150. En attendant, ceux qui envisagent d’acheter un climatiseur cet été peuvent le faire en toute confiance. Un modèle au R32 est toujours efficace et restera légal à l’usage, même après 2029. Les acheteurs doivent simplement prêter attention au type de gaz utilisé et privilégier la puissance adéquate pour éviter d’endommager l’appareil.
Les utilisateurs actuels du PortaSplit n’ont donc pas de raison de s’inquiéter, mais doivent rester informés des évolutions réglementaires et des options futures sur le marché.
