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Impôts : mise en garde contre un faux courrier de la DGFiP sur les cryptomonnaies

Un courrier prétendument émanant de la DGFiP circule actuellement, invitant les destinataires à s’inscrire avant le 5 septembre sur un supposé « Portail des actifs numériques ». Ce document, qui semble officiel, est en réalité une arnaque. Si vous en avez reçu un, il est impératif de ne pas scanner le QR code qui y figure.

Cette situation découle des récentes vagues de piratages ayant touché la France, rendant les escroqueries de plus en plus sophistiquées. La lettre, arborant le logo de la République et mentionnant l’adresse du siège de la DGFiP situé au 139 rue de Bercy, cite des articles du code général des impôts ainsi que des montants d’amende précis. Elle impose un délai de cinq jours pour s’inscrire sur ce faux portail, sous peine de sanctions. Toutefois, un détail crucial révèle la supercherie : le site associé au QR code, conformitecan.com, a été enregistré seulement le 29 août 2026, soit deux jours avant la date indiquée sur la lettre. C’est la plateforme Synaris, spécialisée dans la détection d’escroqueries, qui a mis en lumière cette arnaque.

Bien que la directive européenne DAC8, qui régule la déclaration des crypto-actifs, soit réelle, elle impose des obligations aux plateformes et non aux particuliers. Il est donc important de préciser que le « Portail des actifs numériques » n’existe pas au sein de la DGFiP, qui ne procède jamais par QR code pour ses démarches.

L’efficacité de cette arnaque réside dans le fait qu’elle s’appuie sur des éléments véridiques. L’amende de 750 euros pour un compte d’actifs numériques non déclaré, pouvant atteindre 1 500 euros au-delà de 50 000 euros, est effectivement mentionnée dans l’article 1736 du code général des impôts. Les formulaires évoqués existent également, ce qui peut rassurer le contribuable et l’amener à ignorer le véritable piège : le faux portail.

Un autre facteur qui renforce la crédibilité de cette escroquerie est le format papier. Ce dernier paraît plus authentique qu’un simple email et échappe ainsi aux filtres anti-spam. Sur Reddit, plusieurs victimes ont partagé leurs expériences, indiquant qu’elles avaient failli tomber dans le piège.

Quant aux noms et adresses présents sur ces courriers, leur provenance reste incertaine. Synaris n’a pas tranché sur la question, mais deux hypothèses émergent : le vol de données dont la DGFiP a été victime en août 2026, qui contenait des adresses postales, ou les fuites de données dans le secteur des crypto-actifs. Avec la multiplication des piratages et des fuites de données, les Français sont de plus en plus exposés, rendant ainsi toute communication officielle plus crédible.

Il est intéressant de noter que cette arnaque n’est pas d’origine française. Elle s’inspire d’une campagne détectée aux États-Unis, où le fisc a mis en garde fin juillet contre un « Digital Asset Compliance Portal » tout aussi fictif. Ce formulaire en ligne a pour but de trier les victimes avant de les diriger vers un appel téléphonique avec un faux conseiller, qui demande des informations sensibles. Ce schéma combine des éléments physiques et numériques, semblable à d’autres arnaques récentes utilisant des technologies avancées.

Si vous êtes en possession de ce courrier, il est crucial de ne pas scanner le QR code ni de rappeler le numéro indiqué. Conservez le document, signalez le site sur cybermalveillance.gouv.fr et vérifiez votre situation en accédant directement à impots.gouv.fr via votre navigateur.