
Hyundai riposte à BYD et Xiaomi en Chine avec un écran 4K de 27 pouces à 15 000 €
Hyundai a récemment dévoilé la Ioniq V lors du salon de Chengdu, marquant une étape significative pour la marque sud-coréenne. Ce modèle, qui constitue la première berline électrique conçue spécifiquement pour le marché chinois, est le fruit du travail de son centre de design local. Avec un prix de départ inférieur à 16 000 euros, la Ioniq V est destinée à un public qui recherche des options abordables dans le segment des véhicules électriques.
En comparaison, le marché européen offre peu de choix à ce tarif, à l’exception de modèles comme la Renault Twingo E-Tech, qui nécessite des subventions gouvernementales, ou la Dacia Spring. En revanche, en Chine, les consommateurs peuvent s’attendre à des caractéristiques bien plus intéressantes pour des prix similaires. Beijing Hyundai, la coentreprise de Hyundai en Chine, a ouvert les précommandes pour la Ioniq V, avec des tarifs variant entre 119 900 et 139 900 yuans, soit environ 15 270 à 17 820 euros.
Les spécifications de la Ioniq V sont impressionnantes sur le papier, affichant une autonomie allant jusqu’à 650 km selon le cycle CLTC, une architecture de 800 volts et une batterie LFP fournie par CATL. Cependant, il est essentiel de replacer ces caractéristiques dans le contexte d’un marché chinois de plus en plus compétitif, où Hyundai doit redoubler d’efforts pour maintenir sa position face à des marques locales en plein essor.
Ce qui distingue véritablement la Ioniq V, c’est son développement local. Le design a été élaboré par le centre de design chinois de Hyundai, et le modèle s’inspire du concept Venus présenté à Pékin en avril dernier. La marque Ioniq, quant à elle, a été introduite en Chine seulement en avril, avec pour objectif de lancer 20 modèles électriques d’ici cinq ans, visant ainsi 500 000 ventes annuelles d’ici 2030.
Sur le plan technique, la Ioniq V répond aux attentes du marché en 2026, avec une plateforme E-GMP, deux options de batteries LFP (53,5 et 66,8 kWh) et des motorisations de 190 ou 228 ch. Sa capacité de charge rapide en 800 V constitue un atout face à une concurrence qui, pour certains, reste limitée à 400 V. Toutefois, ces caractéristiques ne représentent pas une avancée technologique majeure, car elles s’alignent sur ce que proposent déjà des concurrents comme BYD, Zeekr ou Xpeng à des prix similaires.
L’habitacle de la Ioniq V est également conçu pour séduire le marché chinois, intégrant des technologies locales plutôt que des solutions importées. Elle est dotée d’un écran 4K de 27 pouces, d’une assistance à la conduite de niveau L2+ développée avec Momenta, et d’une intelligence artificielle basée sur Ernie Bot de Baidu et Doubao de ByteDance. Cette approche locale est cruciale pour capter l’intérêt d’un public chinois exigeant en matière de connectivité.
La commercialisation de la Ioniq V est prévue pour septembre, et il sera intéressant de voir comment elle se positionnera face à une concurrence qui propose déjà des rapports qualité-prix très compétitifs. Hyundai envisage également une éventuelle exportation du modèle, bien que les détails restent flous.
En somme, le succès ou l’échec de la Ioniq V, conçue selon les spécificités du marché chinois, sera révélateur de la capacité de Hyundai à s’adapter aux exigences locales, plutôt que de tenter d’imposer ses propres standards. La complexité du marché chinois est un défi que tous les constructeurs, qu’ils soient européens ou non, doivent désormais prendre en compte.
