Citroën et Fiat présentent 2 voitures électriques à 15 000 € : la 2CV incluse.
Le plan stratégique de Stellantis, dévoilé le 21 mai 2026, comprend le retour de la Citroën 2CV en version 100 % électrique et une nouvelle Fiat Pandina, avec un prix d’appel prévu sous les 15 000 €. La production de ces modèles est confiée à l’usine italienne de Pomigliano d’Arco, avec des livraisons programmées pour 2028.

Antonio Filosa a choisi Auburn Hills, dans le Michigan, pour réaliser sa première présentation du plan stratégique de Stellantis. Cet Investor Day, orienté vers Wall Street, a été enrichi de deux annonces ciblant le marché européen : le retour de la Citroën 2CV sous une forme entièrement électrique et le lancement d’une nouvelle Fiat Pandina, également électrique.
Les deux modèles visent un prix d’entrée inférieur à 15 000 euros, avec une production prévue à l’usine italienne de Pomigliano d’Arco à compter de 2028.
Ce choix intervient dans un contexte difficile. Stellantis a affiché une perte nette de 22,3 milliards d’euros en 2025, et le groupe a complètement abandonné le segment A européen, celui des petites citadines de moins de 4 mètres, ces dernières années.
Parallèlement, Renault a introduit une Twingo électrique à partir de 19 490 euros en prix catalogue, pouvant descendre sous 14 000 euros pour les ménages à revenu modeste grâce aux bonus. BYD commercialise déjà sa Dolphin Surf à 19 990 euros en prix catalogue (et environ 13 990 euros après le bonus à la suite de la production transférée en Hongrie) et Dacia prépare également une électrique à moins de 15 000 euros pour 2027. En résumé, Stellantis accuse du retard, et il en est conscient.
Sous 15 000 €, vraiment ?
Le problème majeur réside ici. À ce jour, aucune fiche technique ni aucune donnée d’autonomie n’ont été fournies. Le communiqué officiel évoque des « technologies électriques de pointe développées avec des partenaires sélectionnés », une formulation qui laisse supposer l’utilisation de batteries LFP fournies par un partenaire chinois, similaire au choix de Renault avec CATL pour sa Twingo.
Un autre soutien justifiant le calendrier de 2028 provient de la création, en décembre 2025, par la Commission européenne, de la catégorie réglementaire « M1E », réservée aux voitures électriques de moins de 4,2 mètres produites dans l’Union. C’est précisément le segment visé par la 2CV et la Pandina, ce qui rend également Pomigliano (plutôt qu’un site en dehors de l’Europe) indispensable pour bénéficier des avantages comptables associés.

Concrètement, il s’agit de promesses temporisées, et non de produits déjà en précommande. Pour la 2CV électrique, des premiers essais sont annoncés en 2028, avec une possible présentation au Mondial de Paris en octobre. Pour la nouvelle génération de la Pandina, la même période est attendue, sans la confondre avec l’actuelle Pandina micro-hybride, proposée dans une promotion à 9 990 €.
La 2CV ne possède pour l’instant qu’un visuel de teasing, tandis que la Pandina est déjà présentée — mais sous forme de concept-car, et non d’une version de série. Ce concept sera également dévoilé lors du Mondial de l’Auto de Paris en octobre 2026.
Sur le modèle de la 2CV, le risque est encore plus évident. Xavier Chardon, responsable de Citroën, a reconnu qu’il travaillait sur une citadine du segment A « dans l’esprit » de la Deudeuche, sans qu’il s’agisse d’une reproduction. Ce concept sera aussi présenté au Mondial de l’Auto de Paris.
RDV en 2028 pour le jugement final
Ce projet s’avère risqué : faire revenir une icône populaire, produite de 1948 à 1990, implique des attentes élevées en matière de simplicité, de prix et d’utilisation en milieu rural. Si le modèle s’avère trop coûteux, trop lourd ou perçu comme trop « objet marketing », la critique sera rapide. À titre de comparaison, la Citroën ë-C3 est déjà négociée en dessous de 13 000 euros avec le bonus écologique : Stellantis sait produire de l’électrique à bas prix, mais le segment A à 15 000 euros hors aides représente un tout autre défi.
Pour ceux qui espèrent une électrique abordable dès maintenant, ces annonces ne changent rien : il faudra attendre deux ans, et la concurrence chinoise ne se fera pas attendre. Pour Stellantis, ces annonces envoient surtout un signal aux investisseurs : un plan de 60 milliards d’euros visant à replacer la voiture populaire au cœur de la stratégie, après avoir laissé Renault, BYD et Leapmotor prendre de l’avance. Le verdict se fera en 2028.

