Apple présente les smartphones Android comme des bricks dans sa pub iPhone.
Apple oppose dans sa dernière publicité un iPhone 17 Pro Max à un smartphone « Android » caricatural qui ne correspond à aucun modèle réel. La publicité, mise en ligne le 3 juin, évoque le navigateur Safari et critique les traqueurs publicitaires sous forme d’espions argentés.

Un iPhone 17 Pro Max en Cosmic Orange reflète la lumière comme un bijou, tandis qu’en face, un smartphone « Android » a une allure maussade. Épais, anguleux, avec un capteur photo minuscule et une découpe pour selfie surprenante. Ce type d’appareil est celui que personne n’a jamais réellement tenu entre ses mains. C’est la nouvelle publicité d’Apple, dévoilée le 3 juin. Le message subliminal n’a rien de subtil.
Sur le plan officiel, le spot « Privacy on iPhone » évoque Safari. Apple y met en scène les traqueurs publicitaires sous forme d’espions argentés qui vous suivent en ligne, avec un jeu de mots sur « chrome » visant sans ambages le navigateur de Google. Ce dernier bloque les cookies tiers par défaut depuis 2019, et cet argument est mis en avant dans le film.

Cependant, le véritable coup d’œil se porte sur le smartphone d’en face. Le timing est propice : la WWDC débute le 8 juin et Apple Intelligence devrait y occuper le devant de la scène, la question de la vie privée restant la carte maîtresse de la marque dès qu’il est question d’intelligence artificielle.


Son grand écran 120 Hz, sa batterie de 6 500 mAh et son SoC Snapdragon 7s Gen 4 font de lui l’un des meilleurs téléphones que vous pouvez trouver dans cette gamme de prix. Il tombe sous les 280 € grâce au code FRAFRS30 ! Attention : stock limité
Le problème, c’est que cet Android n’existe pas
Apple a toujours eu tendance à mettre en avant la concurrence sous son jour le plus défavorable, des publicités « 1984 » aux sketches « Get a Mac », notamment avec le célèbre « Je suis un Mac, je suis un PC ». Cependant, ici, on frôle la caricature.
Le smartphone « Android » présenté dans la publicité ne correspond à aucun modèle existant, sauf éventuellement à un modèle robuste dont aucun consommateur ne veut. En 2026, les bordures des smartphones Android n’ont jamais été aussi fines : le fabricant d’écrans Tianma a même présenté un panneau avec des bordures de 0,35 mm, résultant en un ratio écran/façade de 98,5 %, selon le leaker Ice Universe, sans que cela soit encore intégré dans un appareil commercialisé. En d’autres termes, Apple compare son meilleur téléphone à un épouvantail qu’il a créé lui-même. Cette comparaison n’est pas juste, c’est une mise en scène.
Ce n’est pas la première fois qu’Apple agit ainsi : la marque a longtemps évité de comparer ses produits à ceux de concurrents réels et identifiables, préférant utiliser des silhouettes génériques. Cette méthode lui a déjà valu des critiques, et plusieurs instances de régulation publicitaire à l’étranger ont précédemment souligné des comparaisons jugées trompeuses dans le secteur technologique. Dans ce cas, aucun modèle Android n’étant désigné, la publicité évolue dans une zone grise de la caricature plutôt que de la comparaison mensongère stricto sensu.

Qui cela convainc-il réellement ? Un acheteur déjà fidèle approuvera, un utilisateur Android lèvera les yeux au ciel, tandis que l’indécis risque de retenir une image trompeuse.
Le véritable problème réside dans l’honnêteté du procédé : faire la promotion de sa vie privée tout en déformant le produit de la concurrence affaiblit le message. D’autant plus que la promesse « privée » d’Apple présente elle-même des réserves : ses propres applications recueillent des données analytiques, comme l’ont montré les chercheurs en sécurité Tommy Mysk et Talal Haj Bakry. Quand on donne des leçons, mieux vaut avoir un dossier solide.
Apple n’a pas besoin de cela. L’iPhone se vend très bien sans avoir besoin d’inventer un Android fictif pour se valoriser. La publicité est soignée, mais le contenu est mesquin, et c’est précisément ce contraste qui dérange. Vendre la confiance en trichant sur l’image, c’était audacieux.

