High-tech

5 infractions en quelques secondes : le raté de Tesla dans sa pub pour la conduite autonome

Tesla a publié le 9 juin une vidéo promotionnelle pour célébrer l’approbation de son système FSD Supervised par le Danemark. L’association danoise des automobilistes FDM a jugé le comportement du véhicule dans cette vidéo « inquietant » et « assez critique ».

Tesla a publié une vidéo promotionnelle pour marquer l’approbation de sa conduite autonome par le Danemark. Cependant, la vidéo présente la voiture commettant de nombreuses infractions au code de la route.
Crédits : Tesla

Tesla a voulu célébrer une bonne nouvelle avec l’approbation de son système FSD Supervised au Danemark. Le constructeur a donc mis en ligne le 9 juin une vidéo promotionnelle, partagée par Elon Musk sur X. Ce film, réalisé près de la place de l’hôtel de ville de Copenhague, met en scène une Tesla se conduisant toute seule en milieu urbain, mais elle enfreint de nombreuses règles.

Le quotidien danois Politiken a analysé ces images et a constaté que la voiture circule sur une voie réservée aux bus, emprunte un virage à droite interdit sans tenir compte du panneau, force un sens interdit, s’engage dans une rue fermée à la circulation automobile et termine sur une piste cyclable. En résumé, cela constitue un contre-exemple à une démonstration réussie.

L’association danoise des automobilistes FDM, équivalent local de nos clubs automobiles, a scruté ces séquences et juge le comportement « inquiétant » et « assez critique ». De son côté, Tesla a déclaré à Politiken qu’il ne souhaitait pas commenter ces infractions.

Une fonction qui n’est pas vraiment autonome

Le terme FSD, pour Full Self-Driving (rebaptisé Conduite Automatique en Europe), peut prêter à confusion. En réalité, la voiture ne roule pas seule : le conducteur demeure responsable, doit garder les yeux sur la route et peut intervenir à tout moment. Il s’agit d’une conduite assistée avancée, et non d’un robotaxi.

Pour mieux comprendre, il est utile de connaître les différents niveaux d’autonomie : le FSD prétend atteindre le niveau 3, mais il reste en réalité au niveau 2+.

Les autorités danoises l’ont d’ailleurs souligné en accordant leur approbation : ce système ne confère pas d’autonomie à la voiture, et le conducteur est toujours responsable, même en cas d’accident.

Pourquoi ça tombe mal pour Tesla

Ce n’est pas la première fois qu’une telle vidéo est publiée. Fin mai, le compte officiel de Tesla a diffusé une autre vidéo montrant un conducteur préparant un expresso avec une machine portable tout en laissant le FSD conduire, mains libres et le regard ailleurs.

Le problème est que la défense juridique de Tesla repose justement sur l’argument opposé : le conducteur doit surveiller la voiture en permanence. La société est confrontée à des poursuites qui s’élèvent jusqu’à 14,5 milliards de dollars (environ 13,4 milliards d’euros) concernant ses systèmes Autopilot et FSD, tandis que ses propres publicités montrent des individus faisant tout sauf surveiller le véhicule. Cela fournit des arguments supplémentaires aux plaignants.

Cette situation arrive à un moment délicat pour la marque, qui se déploie rapidement en Europe : après les Pays-Bas, la Lituanie, l’Estonie et le Danemark, la Belgique vient aussi d’autoriser le FSD. Toutes ces approbations reposent sur l’homologation néerlandaise d’avril 2026, qui n’a pas encore été validée au niveau de l’Union européenne.

En ce qui concerne la France, il faudra faire preuve de patience : en attendant une éventuelle approbation, les conducteurs doivent se contenter de l’Autopilot. Si vous faites partie des utilisateurs potentiels du FSD, la vidéo danoise est un rappel pertinent : même après homologation, ce système peut négliger un panneau évident, et c’est vous qui restez responsable au volant.