France

Violences périscolaires : 16 interpellations à l’école Saint-Dominique.

Seize personnes de l’école Saint-Dominique (7e arrondissement) à Paris ont été placées en garde à vue ce mercredi « dans le cadre de différentes enquêtes préliminaires » sur des violences sexuelles présumées. Depuis début 2026, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles.


Seize individus travaillant à l’école Saint-Dominique, située dans le 7e arrondissement de Paris, ont été placés en garde à vue ce mercredi. Plusieurs d’entre eux étaient déjà sous suspension. Cette mesure intervient dans le cadre de diverses enquêtes préliminaires, notamment concernant des violences sexuelles présumées survenues dans le cadre périscolaire, a indiqué le parquet de Paris à 20 Minutes, confirmant une information publiée par le journal Le Monde.

Cette école maternelle est au cœur d’un scandale relatif à des violences sexuelles dans le périscolaire. Le parquet de Paris a mentionné que ce coup de filet concerne « des faits de natures et de gravités différentes ». Les enquêtes sont menées par la Brigade de protection des mineurs (BPM), sous la supervision du ministère public.

En ce qui concerne l’ampleur des investigations, le parquet de Paris a ouvert des enquêtes pour d’éventuelles violences dans un total de 84 écoles maternelles, une vingtaine d’écoles élémentaires, ainsi qu’une dizaine de crèches, comme l’a précisé la procureure de Paris, Laure Beccuau, sur RTL dimanche dernier.

« À l’heure actuelle, nous avons trois ouvertures d’informations judiciaires, qui sont confiées à des juges d’instruction, et cinq convocations devant le tribunal correctionnel », a développé la procureure, en ajoutant qu’un animateur avait été placé en détention provisoire. Ce dossier représente une « urgence », a-t-elle souligné, mettant en avant la charge de travail considérable de la brigade criminelle, qui s’occupe de ces affaires ainsi que celles d’inceste.

Depuis le début de l’année 2026, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus dans les écoles, parmi lesquels 31 en raison de soupçons de violences sexuelles, des chiffres suggérant un problème « systémique », selon le nouveau maire socialiste de la ville, Emmanuel Grégoire.

En réponse à l’ampleur du scandale, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo a lancé mi-avril un plan d’action d’un montant de 20 millions d’euros pour le périscolaire, considéré comme une « priorité absolue » de son mandat. Ce plan vise à simplifier la chaîne de signalement avec la création d’une cellule d’écoute dédiée et promet une « transparence totale » envers les familles, tout en cherchant à professionnaliser un secteur en état précaire. La majorité des 14.000 animateurs parisiens sont vacataires.

Les parents continuent de réclamer davantage de mesures. Au-delà de Paris, les collectifs SOS Périscolaire et #MeTooEcole demandent des interventions à l’échelle nationale et une approche interministérielle. À Paris, les syndicats représentatifs dénoncent une « politique de répression de la municipalité », pratiquant, selon eux, des « suspensions automatiques » dans un secteur déjà en « sous-effectif chronique ». Ils ont donc appelé à la grève jusqu’au 22 mai.