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Top 14 : « Une hypocrisie générale » sur la mansuétude envers le Stade Toulousain.

Ugo Mola, entraîneur du Stade Toulousain, se trouve à la tête d’une équipe qui aspire à conquérir un cinquième Bouclier de Brennus. Alors que son club traverse une période délicate sur le plan financier, sanctionné d’une amende de 2,7 millions d’euros pour non-respect du plafond salarial, Mola semble déterminé à transformer cette adversité en levier de motivation pour ses joueurs. La saison débute ce dimanche à La Rochelle, à 21h05, et les enjeux sont élevés.

Dans une récente interview accordée à Rugbyrama, Mola a exprimé son indignation face à ceux qui insinuent que le Stade Toulousain aurait profité de ses infractions pour gagner des matches. « C’est trop facile de faire croire à tout le monde que le club gagnerait parce qu’il n’aurait pas respecté les règles. […] Quand j’entends un secrétaire général de la Ligue dire qu’il faut punir le Stade Toulousain, il ne comprend pas qu’il punit en fait le rugby », a-t-il déclaré. Cette déclaration soulève des questions sur la perception de l’équipe au sein du rugby français.

Depuis la décision de la Ligue, qui a infligé cette amende pour des dépassements du plafond salarial lors de trois des quatre dernières saisons, le climat autour du club semble apaisé. Étonnamment, les autres présidents de clubs du Top 14 n’ont pas exprimé d’indignation, et les supporters restent silencieux. Les critiques, bien que présentes sur les réseaux sociaux, ne semblent pas avoir trouvé écho dans les stades. Le Stade Toulousain, qui domine le rugby français, semble bénéficier d’une sorte de respect tacite, comme l’indique Jean-Pierre Elissalde, ancien entraîneur du Stade Rochelais. « Parfois, on est plus sévère avec le faible qu’avec le fort. Toulouse, par sa situation, son passé, son présent et son futur, il y a une forme de crainte et de respect », a-t-il affirmé.

Laurent Marti, président de l’Union Bordeaux-Bègles, a également choisi de ne pas exploiter les difficultés de Toulouse pour en tirer profit. « Je ne m’occupe pas des affaires des autres, à chaque club ses histoires et ses complexités », a-t-il déclaré sur RMC. Cette attitude est partagée par de nombreux acteurs du rugby, qui préfèrent éviter les controverses publiques.

Les supporters des clubs rivaux, tels que ceux de Toulon, reconnaissent cette dynamique. Julien Perpère, président des Fils de Besagne, a souligné que dans le monde du rugby, il existe une certaine hypocrisie qui empêche les critiques ouvertes. « Ce qui se passe à Toulon, c’est valable dans beaucoup de clubs. […] Ça ne se fait pas de se tacler, de se dénoncer ou de se critiquer », a-t-il commenté.

Concernant l’accueil réservé au Stade Toulousain lors de ses déplacements, les associations de supporters ont assuré qu’aucune manifestation hostile n’était à prévoir. « Il n’y aura pas de réception hostile », a affirmé Alexis Rabier, président des Mordus Jaune et Bleu de Clermont. Même si le sujet des infractions du club est sur toutes les lèvres, les supporters semblent préférer d’autres moyens d’exprimer leur mécontentement.

Nathan Paillet, président de la Team Béret 17, a également souligné que les supporters n’ont pas de pouvoir sur les décisions prises par la Ligue. « La sentence a été rendue et quoiqu’on dise, nous, on n’a aucun pouvoir », a-t-il déclaré. Face à cette situation, il semble que Mola devra trouver d’autres sources de motivation pour son équipe. Le défi reste de taille, mais avec le talent de ses joueurs, la quête d’un nouveau Bouclier de Brennus est loin d’être hors de portée.