France

Thaïlande : La libération de Thaksin modifie la politique nationale

Thaksin Shinawatra, ancien Premier ministre de la Thaïlande, a été libéré ce lundi matin après avoir purgé une peine d’un an de prison pour corruption. Il devra porter un bracelet électronique pendant sa période de probation de quatre mois, qui s’étendra sur cette durée.


En Thaïlande, le retour en politique de Thaksin Shinawatra reste incertain, surtout après sa libération de prison ce lundi matin.

Le milliardaire de 76 ans, qui a amassé sa fortune dans le secteur des télécommunications, purgait une peine d’un an de prison pour corruption depuis septembre. À présent, il devra porter un bracelet électronique durant sa période de probation de quatre mois.

À sa sortie, Thaksin a été accueilli par plusieurs proches, ainsi que par des centaines de partisans vêtus de rouge, couleur symbole de leur soutien. Ces derniers ont exprimé leur joie en chantant « Nous aimons Thaksin ». Janthana Chaidej, une cuisinière de 70 ans, pense que Thaksin ne renoncera pas à la politique, affirmant qu’il pourrait rester éloigné pendant quelques mois, mais n’arrêtera pas.

Sa fille, l’ancienne Première ministre Paetongtarn Shinawatra, a déclaré jeudi, après une visite à son père en prison, qu’ils n’avaient pas discuté de politique, mais « seulement de la famille ».

La famille Shinawatra, avec le parti Pheu Thai et ses précédentes versions, a marqué la vie politique thaïlandaise pendant près de vingt ans, bénéficiant du soutien des populations rurales. Elle a longtemps été perçue comme l’antagoniste de l’élite pro-militaire et royaliste, qui voyait son populisme comme un danger pour l’ordre social établi.

Thaksin Shinawatra a été Premier ministre de 2001 à 2006, avant d’être évincé par un coup d’État militaire et de vivre en exil pendant environ quinze ans. Sa sœur, Yingluck, a occupé le poste de Première ministre de 2011 à 2014 avant d’être également destituée, et sa fille, Paetongtarn, a été déchue de ses fonctions en août 2025 après un an à ce poste.

Le Pheu Thai a connu une débâcle électorale en février, enregistrant le pire résultat de son histoire lors des législatives, se classant troisième et suscitant des doutes sur l’avenir de la dynastie politique de Thaksin. Son inclusion dans la coalition gouvernementale dirigée par le Premier ministre conservateur Anutin Charnvirakul pourrait cependant permettre une remontée de cette formation populiste. Selon Wanwichit Boonprong, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Rangsit, la libération de Thaksin « renforcera le Pheu Thai à court terme car les gens auront le sentiment que son patron est de retour ».

Les dynamiques politiques en Thaïlande sont-elles sur le point de changer ? Il faudra patienter quelques semaines pour voir quelles seront les actions concrètes de Thaksin.