Iran : Narges Mohammadi, lauréate du Prix Nobel de la paix 2023, libérée sous caution
Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, a été arrêtée le 12 décembre dernier à Mashhad pour avoir critiqué les autorités religieuses iraniennes. Selon son avocat iranien, Mostafa Nili, elle a été transférée à Téhéran dimanche matin « à la suite d’une ordonnance suspendant son exécution de peine pour raisons médicales ».
Selon son époux, Taghi Rahmani, résidant à Paris, « la vie de Narges Mohammadi ne tient qu’à un fil. » La lauréate du prix Nobel de la paix 2023, emprisonnée en Iran depuis décembre et dont la santé est fortement dégradée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran « pour être soignée par sa propre équipe médicale. »
Âgée de 54 ans, cette militante des droits humains lutte depuis plus de deux décennies contre la peine de mort et le port obligatoire du voile pour les femmes, critiquant régulièrement le régime en place en Iran depuis la révolution islamique de 1979. Elle a été arrêtée le 12 décembre dernier à Mashhad pour avoir de nouveau critiqué les autorités religieuses iraniennes, et depuis son incarcération à Zandjan, son état de santé a fortement chuté.
Des soins contre « une caution importante »
Les autorités iraniennes ont finalement décidé de la libérer, et elle a été transférée à Téhéran pour recevoir des soins médicaux. Elle « a bénéficié d’une suspension de peine contre une caution importante », a précisé sa fondation dimanche dans un communiqué, sans indiquer le montant. Son avocat iranien, Mostafa Nili, a confirmé sur X qu’elle avait été transférée à Téhéran dimanche matin « à la suite d’une ordonnance suspendant son exécution de peine pour raisons médicales. »
Cependant, pour son mari, « bien qu’elle soit actuellement hospitalisée suite à une grave défaillance de son état de santé, un transfert temporaire est insuffisant. Narges ne doit en aucun cas être renvoyée dans les conditions qui ont altéré sa santé. » Sa fondation a souligné qu’elle avait besoin de soins spécialisés et qu’il était nécessaire « de s’assurer qu’elle ne retourne jamais en prison pour purger les 18 années restantes de sa peine. »
Les Etats-Unis exigent sa libération
Narges Mohammadi a subi deux crises cardiaques présumées en prison, le 24 mars puis le 1er mai. Après la dernière, elle a été transportée d’urgence à l’hôpital de Zandjan pour y être soignée. Son comité de soutien à Paris a alors indiqué qu’elle risquait de mourir. Elle a perdu 20 kg en prison, rencontre des difficultés à s’exprimer et est devenue « méconnaissable » par rapport à son état avant sa dernière arrestation, a déclaré mardi son avocate parisienne, Chirinne Ardakani.
Jeudi, les Etats-Unis ont appelé l’Iran à la libérer, afin de « lui fournir les soins dont elle a besoin. Le monde est témoin », a écrit sur les réseaux sociaux Riley Barnes, le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé des droits humains.
Les jumeaux de Narges Mohammadi, Ali et Kiana Rahmani, qui vivent et étudient à Paris, n’ont pas vu leur mère depuis plus de dix ans et ont reçu le prix Nobel en son nom alors qu’elle était en prison.

