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Suspension de l’importation de viande brésilienne par l’Union européenne : pourquoi ?

À partir de ce jeudi, l’Union européenne mettra un terme aux importations de divers produits d’origine animale en provenance du Brésil, incluant la viande bovine et la volaille, ainsi que les œufs et le miel. Cette décision est motivée par des préoccupations concernant le respect des normes sanitaires européennes, notamment en ce qui concerne l’utilisation des antimicrobiens dans l’élevage brésilien.

La réglementation en vigueur au sein de l’UE prohibe l’utilisation des antimicrobiens pour favoriser la croissance des animaux ou pour accroître les rendements. De plus, elle interdit l’application de traitements réservés à certaines infections humaines dans les élevages. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de lutte contre l’antibiorésistance, un problème de santé publique majeur qui, selon l’Organisation mondiale de la Santé, est responsable de plus d’un million de décès annuels dans le monde.

La Commission européenne a cependant précisé qu’elle continuera à dialoguer avec les autorités brésiliennes. Une porte-parole a déclaré que « le Brésil est un partenaire important de l’UE » et que des efforts constructifs sont en cours pour garantir la conformité aux exigences européennes. Une fois que cette conformité sera établie, les exportations vers l’UE pourront reprendre.

La suspension des importations pourrait varier selon les produits concernés. Un audit sur la volaille et le miel est prévu pour se terminer ce vendredi. Si les résultats sont favorables et reçoivent l’approbation des États membres, les exportations de volaille pourraient reprendre dans les semaines suivantes. En revanche, pour la viande bovine, le processus de certification pourrait prendre plus de temps en raison des cycles de production des différentes espèces animales.

Cette décision intervient dans un contexte commercial crucial pour le Brésil, quelques mois après la signature, en janvier 2026, d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, qui inclut l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay. Cet accord a suscité des critiques au sein du secteur agricole, notamment en France, en raison des préoccupations concernant le respect des normes européennes pour les produits importés.

Le Brésil représente un marché significatif pour l’UE. En 2025, il était le deuxième exportateur de viande bovine vers l’Union européenne, avec plus de 92 000 tonnes expédiées, générant des revenus dépassant 713 millions d’euros. Bruxelles n’a pas communiqué de calendrier pour la levée de la suspension, celle-ci étant conditionnée aux garanties fournies par le Brésil concernant la conformité de chaque filière aux normes sanitaires de l’UE.