
Sécheresse : Les principales mesures du plan d’un milliard d’euros pour les agriculteurs
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a dévoilé un ambitieux plan d’un montant supérieur à un milliard d’euros, en réponse aux préoccupations croissantes des agriculteurs touchés par la sécheresse et les vagues de chaleur. Lors de son déplacement à la foire de Châlons ce vendredi matin, elle a souligné l’importance de cet investissement pour « redonner de l’espoir aux agriculteurs » et « indemniser rapidement les pertes pour éviter les faillites ». Ce plan, intitulé CASI, qui signifie « climat, adaptation, sécheresse, incendies », vise à soutenir le secteur agricole face à des conditions climatiques de plus en plus difficiles.
Le premier pilier de cette initiative est un fonds d’indemnisation de solidarité nationale (ISN) de 520 millions d’euros. Cette aide, qui s’adresse aux agriculteurs ayant subi des pertes de récolte, a pour but de « soulager les trésoreries » et de fournir « de l’argent frais rapidement », a précisé Genevard. Le fonds, qui avait déjà été alimenté de 600 millions d’euros pour l’année 2026, dispose encore de 130 millions d’euros non utilisés. La ministre a affirmé que ce milliard d’euros représente « de l’argent nouveau », et non pas un simple recyclage de fonds existants.
Tous les agriculteurs sinistrés pourront bénéficier de cette indemnisation. Genevard a insisté sur l’urgence de la situation, précisant que dans certains secteurs, comme celui des petits fruits, les pertes peuvent atteindre jusqu’à 100 %.
Une autre mesure significative annoncée concerne le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties. Les exploitations les plus touchées pourront ainsi bénéficier d’exonérations fiscales, un effort estimé à 330 millions d’euros. Selon la ministre, entre 30 000 et 35 000 fermes se trouvent dans une situation précaire, sur un total d’environ 400 000 exploitations agricoles en France.
Le plan comprend également un « fond de réarmement agricole » de 235 millions d’euros, destiné à préparer la prochaine saison. Les agriculteurs impactés par les conditions climatiques actuelles auront besoin de liquidités pour financer l’achat de semences, de plants ou de fourrage pour leurs animaux. Les préfets des départements seront chargés d’évaluer les besoins spécifiques des exploitations. Ce dispositif pourrait également inclure des aides pour les professionnels touchés par des incendies.
En outre, la ministre a annoncé que les aides de la Politique agricole commune (PAC) seraient versées plus rapidement et en plus grande quantité. Genevard a également indiqué que les contrôles sur les fermes seraient allégés, favorisant une surveillance « sur dossier ».
Parallèlement, l’aide financière pour l’achat de gazole non routier sera maintenue, avec un remboursement de 15 centimes par litre jusqu’à fin août 2026, en raison de la hausse des prix du carburant. Une mesure similaire a été mise en place pour les engrais, dont les coûts ont considérablement augmenté, notamment en raison de la situation géopolitique au détroit d’Ormuz.
En ce qui concerne l’avenir, la ministre a été moins précise sur les mesures à long terme pour adapter l’agriculture au réchauffement climatique. Elle a promis un plan pour le rebond dans les semaines à venir, tout en réaffirmant son engagement en faveur du stockage de l’eau et de l’irrigation, malgré les critiques des associations environnementales. Genevard a exprimé l’espoir que les conditions climatiques désastreuses de cet été ne se reproduisent pas, bien que de nombreux scientifiques préviennent que de tels étés pourraient devenir la norme.
