Royaume-Uni : Keir Starmer face à une défaite électorale cuisante
Lundi, au moins 70 députés Labour sur un total de 403 ont appelé Keir Starmer à quitter ses fonctions. Depuis sa prise de pouvoir, la popularité du dirigeant de 63 ans n’a cessé de chuter, sur fond d’économie atone et d’augmentation du coût de la vie.
Au Royaume-Uni, la situation devient critique pour Keir Starmer. Les appels à sa démission se sont intensifiés lundi, témoignant d’une montée de la contestation à son égard au sein du Parti travailliste suite à la lourde défaite électorale du Labour jeudi dernier.
Des membres de son gouvernement pourraient même l’abandonner. La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, ainsi que la ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, lui auraient demandé de se fixer une date pour son départ, selon plusieurs médias britanniques, dont le Guardian et Sky News.
### Starmer échoue à apaiser ses rangs
Lundi soir, au moins 70 députés travaillistes sur un total de 403 avaient réclamé la démission de Keir Starmer. Bien qu’il ait prononcé un discours dans la matinée pour tenter de renverser la tendance, il n’a pas réussi à apaiser les tensions au sein de son parti.
« Je sais que les gens sont frustrés par la situation en Grande-Bretagne. Frustrés par la politique. Et certains sont déçus de moi », a déclaré celui qui a ramené le Labour au pouvoir en 2024 après quatorze années de gouvernements conservateurs. « Je sais que certains doutent de moi, et je sais que je dois leur prouver qu’ils ont tort – et je le ferai », a-t-il ajouté.
Quatre assistants de ministres ont quitté leur poste lundi, appelant également à son départ. Parmi eux se trouve Melanie Ward, l’assistante du vice-Premier ministre David Lammy. « Il est clair que le Premier ministre n’a plus la confiance du public », a-t-elle écrit sur X, demandant la démission de Keir Starmer et une « procédure rapide » pour désigner un successeur.
### Une croissance économique atone
Depuis son accession au pouvoir, la popularité du dirigeant de 63 ans n’a cessé de décliner, dans un contexte d’économie stagnante et d’augmentation du coût de la vie récemment exacerbée par la guerre au Moyen-Orient. Ses adversaires soulignent ses nombreux faux pas, revirements et controverses, notamment le scandale lié à la nomination de Peter Mandelson, une figure controversée du parti travailliste, comme ambassadeur à Washington.
Le mécontentement au sein du Labour a encore augmenté après les élections locales de jeudi, qui ont vu le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage progresser dans les bastions historiques travaillistes du nord de l’Angleterre et du pays de Galles. Par ailleurs, les Verts, plus à gauche, lui ont également pris des voix à Londres.
Keir Starmer a quant à lui réaffirmé lundi son désir de rester en poste pour « faire le travail » pour lequel il a été élu en 2024. Il a souligné que les électeurs ne pardonneraient « jamais » au Parti travailliste s’il répétait le « chaos » du précédent gouvernement conservateur, qui avait connu trois Premiers ministres en quatre mois en 2022.

