Roland-Garros 2026 : Les joueurs ne protègent pas assez leur peau au soleil.
Le début de l’édition 2026 de Roland-Garros se déroule sous un grand soleil, contrairement à la tradition pluvieuse de la première semaine. En 2024, Andy Roddick a révélé avoir « souffert de différents types de cancer de la peau » depuis sa retraite, lui ayant imposé des traitements médicaux lourds.

À Roland-Garros, le début de l’édition 2026 se déroule sous un ciel radieux, contrairement à la tradition pluvieuse que l’on connaît souvent lors de la première semaine. Les toits des courts Chatrier et Lenglen sont ouverts, laissant place à un soleil éclatant. Les spectateurs s’agitent avec des éventails, tandis que les joueurs souffrent sous la chaleur. Bien que cela soit éprouvant, c’est tout de même mieux que les heures d’attente dans les espaces intérieurs du stade à cause des averses.
Le soleil, bien qu’apprécié par de nombreux joueurs, peut également se révéler dangereux. Renata Zarazua, par exemple, a fait l’expérience des effets néfastes du soleil lors de l’Open d’Australie en début d’année. La joueuse mexicaine a partagé sur ses réseaux sociaux une photo de coups de soleil impressionnants sur son dos, soulignant que « le soleil australien n’est pas une blague ».
Seuls 70 joueurs et entraîneurs ont participé au dépistage durant Roland-Garros 2025
Cette problématique est bien connue sur le circuit. Croisé dans les coulisses du Suzanne Lenglen, à l’abri des rayons ultra-violets, Nicolas Mahut, consultant pour France TV, confirme : « Le seul moment de l’année où nous étions sensibilisés à cela, c’était lors de la tournée australienne. Nous réalisions à quel point le soleil en Australie pouvait être dangereux, et à cette période de l’année, il était primordial de se protéger davantage. » Peut-être que Zarazua était absente lors des cours de prévention, qui sait ?
Sans blague, il ne s’agit pas de blâmer la 74e joueuse mondiale, tant le circuit compte de joueurs qui négligent les soins de leur peau. Un autre exemple : depuis qu’Isdin, une marque espagnole spécialisée dans les soins dermatologiques, a établi un partenariat avec Roland-Garros en 2024, elle propose aux joueurs intéressés un bilan dermatologique pendant le tournoi.
« Nous travaillons avec la fédération pour réaliser des dépistages pour les joueurs et les entraîneurs, explique Talia Ayala, chef de produit chez Isdin, à 20 Minutes. Des dermatologues sont présents sur place pour examiner les lésions et pour des raisons préventives. Cette initiative se déroule pendant dix jours durant le tournoi, avec l’objectif d’un suivi l’année suivante. » L’an dernier, seulement 70 participants ont accepté cette offre, malgré des affiches dans les vestiaires et des messages de sensibilisation via l’application des joueurs. Pour 2026, Isdin vise à atteindre 100 participants.
Andy Roddick a « souffert de différents types de cancer de la peau »
Rafael Nadal, lors d’un récent bilan de santé sur les blessures accumulées durant sa carrière, a également évoqué les effets du soleil. « Ma relation avec le soleil a radicalement changé ces dernières années, déclarait-il il y a dix jours lors d’un événement organisé par la société pharmaceutique espagnole Cantabria Labs. Dans mon enfance, nous n’avions pas accès aux informations sur les risques liés au soleil et l’importance de la protection solaire. » Nicolas Mahut rappelle que « hormis la saison en salle à la fin de l’année, nous passons la majeure partie de notre année à l’extérieur ». Cette exposition constante fait des joueurs de tennis des cibles vulnérables aux cancers de la peau. « Nous avons un capital soleil à la base, explique Isabelle Rousseaux, vice-présidente du Syndicat National de Dermatologie et Vénéréologie (SNDV). Si ce capital est affecté dès l’enfance, les effets néfastes se multiplient et s’additionnent. Par conséquent, des cancers de la peau peuvent apparaître dès 30 ans. »
En 2024, Andy Roddick avait révélé avoir « souffert de différents types de cancer de la peau » après sa carrière, nécessitant des traitements médicaux sévères. « Une tumeur épidermoïde a été retirée de ma lèvre il y a cinq ou six ans. » Avec un visage rougi par un traitement au laser, il a exhorté les jeunes à ne pas suivre son exemple. L’académie de Rafael Nadal, pour sa part, organise des ateliers de sensibilisation destinés aux jeunes et aux entraîneurs.
« Toujours un sujet assez compliqué pour les joueurs »
La sensibilisation s’installe donc progressivement dans un sport où les mesures de protection sont souvent perçues comme contraires à la performance. Idéalement, les joueurs pourraient évoluer en manches longues, mais cela s’avère compliqué par 35 degrés. Quant à la crème solaire, autrefois épaisse et grasse, elle était souvent critiquée pour sa tendance à nuire à l’adhérence, parmi d’autres inconvénients. « Quand je jouais, je n’aimais pas car ça coulait dans les yeux, ça piquait, reconnaît Mahut. Mais je pense qu’aujourd’hui, les produits ont bien évolué pour permettre de se protéger tout en jouant tranquillement. » Isabelle Rousseaux abonde en ce sens : « Nous disposons maintenant de crèmes non grasses et de lotions SPF 50 à pulvériser sans avoir besoin de toucher le flacon. » Avoir pu essayer certains de ces produits dans l’allée centrale de Roland-Garros est en effet impressionnant.
Il reste à régler d’autres détails plus subtils. « On applique de la crème solaire, mais lors du jeu, on transpire et s’essuie, souligne Luca Van Assche. Évidemment, cela part un peu. C’est toujours un sujet assez compliqué pour les joueurs, je pense. » Après tout, penser à s’appliquer de la crème en pleine action dans un match de Grand Chelem où l’enjeu est crucial n’est pas évident. « Je n’ai jamais vu de joueurs remettre de la crème pendant un match, déplore la dermatologue. Le fait de voir des grands joueurs l’appliquer pourrait donner un bon exemple. » Même si Pat Rafter et ses emblématiques traces de crème sur le visage ont marqué, Cameron Norrie en est l’héritier sur le circuit. De son côté, Isdin a lancé une gamme de produits en collaboration avec Carlos Alcaraz. Au rythme de ces progrès, il se pourrait que le soleil redevienne un jour un allié sur le circuit.

