France

Rentrée scolaire 2026 : Les profs peuvent-ils ne pas utiliser Pronote ?

À l’heure où la technologie s’immisce dans tous les aspects de notre quotidien, l’Éducation nationale a fait le choix de dématérialiser la gestion des devoirs et des emplois du temps avec l’application Pronote. Depuis 2011, cette plateforme est devenue incontournable pour les enseignants et les élèves, remplaçant le traditionnel cahier de textes. Cependant, son utilisation soulève des interrogations quant à son adoption par tous les professeurs.

L’obligation de consigner les devoirs et le contenu des cours dans Pronote est clairement énoncée par le ministère de l’Éducation nationale, qui considère ce document numérique comme « officiel, à valeur juridique ». Pourtant, la réalité sur le terrain est plus nuancée. Charlotte, enseignante en banlieue parisienne, témoigne que certains de ses collègues choisissent de ne pas utiliser l’application. « Cela crée des tensions dans les établissements. Les parents se plaignent souvent que les devoirs ne sont pas suffisamment renseignés sur Pronote », explique-t-elle. Certains enseignants préfèrent même recourir à des agendas papier, estimant que cela suffit pour leurs élèves.

Maureen, une autre enseignante de la région parisienne, souligne que cette situation est exacerbée par l’absence de sanctions automatiques pour les professeurs qui ne respectent pas cette obligation. « Remplir le cahier de textes fait partie des obligations de service, mais il n’y a pas de conséquences immédiates si cela n’est pas fait », précise-t-elle. Bien que l’idée d’utiliser Pronote pour faire l’appel soit largement acceptée, l’application des règles concernant le cahier de textes semble plus floue.

Ce flou trouve un écho dans le débat plus large sur l’utilisation des écrans. En effet, certains parents expriment leur mécontentement face à la nécessité de faire passer leurs enfants devant un écran pour accéder aux devoirs. Dans son rapport « Enfants et écrans, à la recherche du temps perdu », remis en avril 2024, la commission d’experts mandatée par Emmanuel Macron a recommandé d’établir un cadre strict pour l’utilisation de Pronote et des environnements numériques de travail (ENT), en préconisant des paramètres protecteurs pour les enfants et en suggérant de désactiver les notifications le soir.

Malgré ces préoccupations, il est important de noter qu’aucun texte ne permet de rejeter l’utilisation de Pronote, qui demeure l’outil de référence dans le cadre scolaire. Ainsi, le temps d’écran ne pourra pas servir d’excuse pour négliger les devoirs à la maison. Les enjeux autour de l’application et son adoption par les enseignants continuent de susciter des débats, témoignant des défis de la transition vers le numérique dans le système éducatif.