
Rémy Daillet jugé pour l’enlèvement de Mia, gourou complotiste d’extrême droite
Rémy Daillet et quatorze autres prévenus comparaissent à Paris dans le dossier de l’enlèvement de Mia, une fillette de 8 ans soustraite à sa grand-mère en avril 2021. L’affaire dépasse le seul rapt : les enquêteurs décrivent un groupe structuré, nourri de thèses complotistes et soupçonné d’avoir préparé d’autres actions violentes.
Un enlèvement présenté comme un entraînement
Selon l’accusation, l’opération visant Mia n’était pas un acte isolé. Les personnes jugées auraient voulu, à travers cette action, tester leur capacité à agir contre des institutions et à mener des opérations coordonnées. La source indique que le groupe projetait aussi des attaques contre des juifs, des francs-maçons, un centre de vaccination contre le Covid et des antennes 5G.
Le 13 avril 2021, deux hommes se seraient présentés chez la grand-mère de l’enfant en se faisant passer pour des éducateurs. Ils auraient invoqué un droit de visite lié à la mère de Mia. L’enfant a ensuite été emmenée dans un fourgon, avant d’être retrouvée cinq jours plus tard avec sa mère dans un squat en Suisse.
Le rôle attribué à Rémy Daillet
Rémy Daillet, 59 ans, est poursuivi notamment pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme et pour complicité de soustraction de mineur. Il encourt trente ans de réclusion criminelle et 500 000 euros d’amende. D’après les enquêteurs, il aurait organisé, encouragé et financé l’opération depuis la Malaisie, où il a été arrêté avant d’être renvoyé en France.
La source le présente comme une figure du complotisme, mais son avocat conteste cette image et parle d’exagérations. Daillet se serait lui-même présenté comme une « autorité morale » plutôt que comme un chef. Il aurait néanmoins attiré environ 300 volontaires ou sympathisants, répartis en groupes régionaux et décrits par certains comme des « soldats » ou des « combattants ».
Un mouvement mêlant complotisme et extrême droite
L’enquête met en avant des références à Qanon, mouvement complotiste américain, ainsi que des liens avec un groupuscule néonazi nommé « Honneur et nation ». Les documents saisis ou cités dans la source évoquent aussi des thèmes récurrents : vaccination, confinement, immigration, genre, justice ou dette publique. Dans un groupe de discussion, certains participants auraient parlé d’abolir les impôts et de sanctionner des magistrats.
La source mentionne également des éléments qui relient Daillet à l’extrême droite, comme des images d’Alain Soral et de Florian Philippot, ou des propos enregistrés où il se réfère au discours d’Hitler dans les années 1930. Après sa remise en liberté sous contrôle judiciaire en 2023, il aurait continué à diffuser des messages appelant à la « reconquête du pays », y compris par la violence selon certains échanges cités.
Ce qu’il faut retenir
- Rémy Daillet est jugé à Paris avec quatorze autres prévenus dans l’affaire de l’enlèvement de Mia, survenu en avril 2021.
- L’accusation lui attribue un rôle d’organisateur et de financeur, avec des soupçons de préparation d’actes terroristes et de soustraction de mineur.
- La source décrit un réseau influencé par le complotisme, avec des références à Qanon et des liens relevés avec l’extrême droite.
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