France

Ras-le-bol des fourrières et dépanneurs : klaxon à 12h00 aujourd’hui

Ce jeudi, les professionnels du dépannage, du remorquage et de la fourrière seront mobilisés dans les rues de Paris et devant les bureaux du ministère de l’Économie. D’après la FNA, cela fait vingt-cinq ans que les tarifs réglementés par l’État n’ont pas véritablement bougé.


Ils font partie des professionnels que l’on préfère éviter de croiser, intervenant en cas de problème, que ce soit pour une voiture en panne ou pour un véhicule embarqué à la suite d’un stationnement incorrect. Ce jeudi, les professionnels du dépannage, du remorquage et de la fourrière s mobiliseront dans les rues de Paris et devant les bureaux du ministère de l’Économie pour exprimer leur colère et leur exaspération.

Malgré l’importance de leur mission, celle-ci est aujourd’hui menacée par une rémunération jugée trop faible, ce qui fragilise ces entreprises confrontées à une forte augmentation du coût du carburant, pesant lourdement sur leurs dépenses. « La goutte d’eau », témoigne un acteur du secteur. À l’initiative de plusieurs fédérations et associations, ils exigent de l’État français une révision de la grille tarifaire qui leur est imposée, faute de quoi ils pourraient être contraints d’arrêter leurs interventions.

La Fédération nationale de l’automobile, qui représente les intérêts de 6.000 entreprises du secteur, dénonce « une situation devenue insoutenable pour de nombreuses entreprises » et qui « menace directement la pérennité du service rendu aux usagers et aux forces de l’ordre ». « Il y a un véritable ras-le-bol dans la profession. Le carburant illustre parfaitement les coûts qui explosent. Les assureurs nous considèrent comme des métiers à risque, donc ils ne souhaitent plus nous assurer ou le font à des prix très élevés. De plus, les exigences de sécurité augmentent, le personnel doit être formé, et les véhicules deviennent de plus en plus chers à acquérir. Une dépanneuse coûte aujourd’hui 300.000 euros et peut atteindre jusqu’à 900.000 euros pour un super poids lourd », explique Jean-Yves Chevallier.

En tant que référent fourrière auprès de la Fédération nationale de l’automobile (FNA) et directeur d’un groupe de cinq entreprises de fourrière en région parisienne, il souligne l’importance de leur mission de service public, souvent à la demande des forces de l’ordre. Il demande une revalorisation de la grille tarifaire en raison d’un désamour croissant pour le métier. « Nous assistons à la disparition de petites entreprises de dépannage, de garages qui faisaient cela pour rendre service. Mais les gens ne veulent plus travailler à perte, ce qui les pousse à cesser leur activité. Dans certaines zones rurales, nous commençons à observer des zones blanches où il n’y a plus aucun dépanneur », ajoute Jean-Yves Chevallier. Dans des départements comme la Creuse, la Lozère ou l’Aveyron, un simple dépannage peut devenir très long pour un automobiliste immobilisé.

La profession, qui doit fonctionner sept jours sur sept et 24 heures sur 24, rencontre également des difficultés de recrutement, ce qui oblige les dirigeants à travailler eux-mêmes les nuits, les week-ends et les jours fériés. « Ils n’ont plus de vie », résume le référent fourrière de la FNA. Cela sans compter les agressions subies par des automobilistes ou des riverains mécontents de voir leurs voitures enlevées. « Mes collègues de Seine-Saint-Denis sont souvent pris pour cible », rapporte Jean-Yves Chevallier.

Pour leur rémunération, ces entreprises sont dépendantes des tarifs réglementés par l’État. En cas d’enlèvement par la fourrière, c’est le contrevenant qui doit payer : 127,65 euros pour l’enlèvement et 6,75 euros par jour de garde. À Paris, ces tarifs passent à 150 euros et 29 euros par jour de gardiennage. Lorsque le propriétaire ne récupère pas son véhicule, c’est à l’État de prendre en charge le coût. À Paris, cela se produit dans 30 à 40 % des cas, entraînant destruction ou vente du véhicule.

La profession, endeuillée par le décès d’un dépanneur sur l’autoroute A9, espère faire entendre son message et convaincre Bercy d’agir en augmentant les plafonds réglementaires. Selon la FNA, ces tarifs n’ont pas véritablement évolué depuis vingt-cinq ans. « Ils ne tiennent plus compte de l’évolution considérable des coûts supportés par les entreprises », déplore l’organisation professionnelle. Elle se rendra crier ses revendications sous les fenêtres du ministère de l’Économie, qui peine à prendre des mesures.