France

Rachida Dati revient dans la magistrature, mais pas dans un tribunal ni une cour.

L’ancienne garde des Sceaux, Rachida Dati, se prépare à comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris pour des accusations de corruption et de trafic d’influence passifs. Malgré cette situation délicate, elle a demandé et obtenu sa réintégration dans la magistrature, bien qu’elle n’exercera pas en juridiction, comme l’a précisé une source judiciaire ce samedi.

Âgée de 60 ans, Rachida Dati, qui a récemment perdu les élections municipales à Paris, a été nommée « premier substitut à l’administration centrale de la justice » au sein du ministère. Son retour officiel sera effectif après l’avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), une procédure standard pour les magistrats.

Dati sera affectée à la Délégation des affaires européennes et internationales (DAEI) du Secrétariat général du ministère de la Justice, ce qui signifie qu’elle ne sera pas en fonction dans un tribunal. La Chancellerie a déclaré à l’AFP que « Rachida Dati a sollicité sa réintégration comme magistrate, comme elle en a le droit », et que cette réintégration suivra la procédure habituelle après l’avis du CSM.

L’annonce de sa réintégration a provoqué des réactions vives au sein de l’Union syndicale des magistrats, qui s’inquiète du timing de cette décision, étant donné que Dati doit faire face à son procès du 16 au 28 septembre. Elle est accusée d’avoir établi un pacte de corruption présumé et d’avoir exercé un lobbying illégal au Parlement européen, où elle a été élue de 2009 à 2019. Les faits reprochés incluent des paiements de 900.000 euros reçus entre 2009 et 2013 dans le cadre d’une convention de rémunération d’avocats. Dati défend son action en affirmant qu’elle n’a fait que son travail d’avocate de manière légale. Si reconnue coupable, elle risque jusqu’à dix ans de prison et une inéligibilité de cinq ans.

Les réactions politiques à gauche n’ont pas tardé. Le député François Ruffin a dénoncé sur X la situation, soulignant que « la corruption du système » se manifeste par la réintégration de Dati alors qu’elle fait face à des accusations graves. Il a comparé cette situation à celle de Nicolas Sarkozy, condamné pour crime contre la Nation, mais reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron. De son côté, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, a exprimé que « la République exemplaire, c’est celle qui ne permet pas à une prévenue d’intégrer la magistrature la veille de son procès pour corruption ».