Profil 2026 des riches en France : propriétaires, cadres supérieurs, épargne et patrimoine.
L’Observatoire des inégalités estime à 4,8 millions de personnes le nombre de riches en France. En 2023, 7,5 % de la population gagne plus de deux fois le revenu médian, ce qui correspond à un revenu d’au moins 4.292 euros par mois pour une personne seule.
Qui sont les riches ? Pour certains, ils se résument aux milliardaires, tandis que d’autres considèrent comme riches tous ceux qui gagnent plus qu’eux-mêmes. L’Observatoire des inégalités s’efforce de répondre à cette question dans son dernier rapport, publié ce mardi 2 juin, qui s’appuie sur les données de l’Insee pour établir un portrait des personnes considérées comme riches. Certains pourraient même s’identifier à cette catégorie sans le réaliser.
Emploi, patrimoine, épargne, catégories socioprofessionnelles… Selon le rapport, environ 4,8 millions de personnes en France appartiennent à la catégorie des riches. Voici un aperçu.
7,5 % de la population gagne plus de deux fois le revenu médian
« Se concentrer uniquement sur l’extrémité supérieure occulte les populations riches juste en dessous au sein des classes moyennes », déplore Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, dans l’avant-propos de la quatrième édition du « rapport sur les riches en France », qui définit un premier seuil de richesse : vivre avec plus du double du niveau de vie médian.
Concrètement, cela signifie un revenu d’au moins 4.292 euros par mois pour une personne seule, 6.438 euros pour un couple sans enfants, ou 10.730 euros pour un couple avec deux adolescents. « Ces seuils de richesse s’entendent une fois l’impôt sur le revenu déduit », souligne le rapport.
Ces montants correspondaient à 7,5 % de la population en 2023. Cependant, des écarts significatifs existent au sein de cette catégorie, puisque le revenu moyen du 0,1 % des plus riches, soit 40.000 ménages, a crû de 56 % entre 2003 et 2022.
Une surreprésentation des cadres supérieurs
Les cadres supérieurs, qu’ils soient du secteur privé ou public, constituent la majorité des riches, représentant 74 % des actifs. De plus, 13 % d’entre eux sont chefs d’entreprise, artisans ou commerçants. En général, ces individus ont plus de 45 ans (73 %) et plus d’un tiers (35 %) réside dans l’agglomération parisienne, où se trouvent les sièges des grandes entreprises et des administrations. Par ailleurs, ces riches sont principalement des hommes (69 % des salariés parmi les 10 % les mieux rémunérés).
Leurs revenus leur permettent également d’accumuler des richesses. En moyenne, les ménages aisés épargnent 33 % de leurs revenus et ainsi, constituent un patrimoine. L’Observatoire définit ce seuil de richesse patrimoniale à quatre fois le patrimoine médian des Français, soit 820.400 euros pour un ménage (hors dettes). Environ 3,4 millions de ménages, soit 11 % des ménages, sont concernés. Bien que 6,5 % des ménages français soient millionnaires en patrimoine, seulement 0,6 % d’entre eux s’acquittent de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).
Des patrimoines élevés générateurs de revenus considérables
Sur ce chapitre du patrimoine, on trouve également les milliardaires. La France en compte 145. « Les grandes fortunes atteignent des montants si colossaux qu’ils sont difficilement envisageables », affirme le rapport. Pour illustrer, l’Observatoire note qu’avec ses 163 milliards d’euros de patrimoine, la famille Hermès pourrait « s’offrir l’équivalent de tous les logements des villes de Marseille et de Strasbourg » réunies. Bernard Arnault pourrait, quant à lui, viser l’association Lyon-Grenoble. « Aucun principe de “mérite” ne peut justifier cela », indique le rapport. Ces riches continuent de s’enrichir, puisque la valeur totale des 500 plus grandes fortunes de France a été multipliée par 6 en deux décennies.

Un patrimoine conséquent qui génère des revenus. Un ménage au seuil des 10 % les plus riches peut compter en moyenne sur 4.000 euros par an provenant de revenus du capital (par exemple, loyers et intérêts), équivalents à presque trois mois de salaire minimum, selon le rapport. Le 1 % le plus riche perçoit en moyenne 85.000 euros de revenus patrimoniaux.
Les riches français surpassent les riches européens
Ces conditions de richesse assurent un confort de vie nettement supérieur à la moyenne. Ainsi, parmi les 10 % les plus riches, 88 % sont propriétaires de leur résidence principale (contre 59 % pour le reste de la population). Ils habitent dans des logements 30 % plus grands que la moyenne dans l’agglomération parisienne et 45 % plus grands dans d’autres grandes villes. « Dans l’agglomération parisienne, les ménages riches bénéficient en moyenne de 11 m² de plus par personne que les autres ménages », souligne le rapport.
De plus, 40 % d’entre eux recourent à des services domestiques (comme le ménage, la garde d’enfants, ou le jardinage) et partent plus en vacances que la moyenne des Français.
Le rapport indique que la France est, avant redistribution, l’un des pays les plus inégalitaires d’Europe. Après redistribution, elle se situe dans la moyenne européenne. « En France, les riches gagnent plus que dans de nombreux autres pays. Parmi les quatre grands d’Europe (Allemagne, Espagne, France, Italie), seuls les Allemands sont plus riches que les Français », note le rapport, ajoutant qu’il ne s’agit pas « seulement d’une poignée d’individus vivant de rentes financières et plaçant leurs avoirs dans des paradis fiscaux. Grâce à leurs salaires et primes, les cadres dirigeants et hauts fonctionnaires en France, qu’ils soient en activité ou à la retraite, surpassent les riches des autres pays européens ».

