France

Procès Yoda : 16 ans de prison requis contre Félix Bingui, chef de narcotrafic

Le parquet de Marseille a réclamé jusqu’à seize ans de prison contre Félix Bingui, le chef du clan Yoda, ainsi qu’une amende pouvant atteindre 500.000 euros et une période de sûreté des deux tiers. L’enquête, menée entre août 2021 et juin 2023, s’est concentrée sur le point de vente de « La Fontaine », où les vidéosurveillances ont montré le passage d’un client toutes les 30 secondes.


Le parquet de Marseille a demandé ce lundi des peines allant jusqu’à seize ans de prison contre Félix Bingui, considéré comme le chef du clan Yoda, un réseau de narcotrafic actif dans les quartiers Nord de Marseille. Une amende pouvant atteindre 500.000 euros et une période de sûreté des deux tiers ont également été requises à son encontre.

Depuis le 18 mai, Félix Bingui, surnommé « Le Chat », est jugé aux côtés de 19 coaccusés pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment en récidive. Douze ans de prison ont été requis contre Mohamed Hussein Saleh, qualifié de « bras droit » de Bingui, et dix ans contre Zine Eddine Belkai, décrit comme le « grand gérant » des points de vente du réseau et qui est actuellement en fuite.

Dans son réquisitoire, le procureur a mis en doute les déclarations des prévenus. « Si on les écoute, personne n’a rien fait, n’a rien vu », a-t-il déclaré, évoquant « des quantités astronomiques de drogues proposées à la population marseillaise, des sommes astronomiques qui génèrent des profits colossaux par des circuits organisés ». Selon lui, « les enquêteurs ont travaillé des mois pour atteindre les chefs de réseau ».

L’enquête, qui s’est déroulée entre août 2021 et juin 2023, s’est surtout focalisée sur le point de vente de « La Fontaine », à l’entrée de la cité de la Paternelle. Les investigations ont permis de documenter les activités du réseau, le procureur ayant rappelé que « les vidéosurveillances ont montré le passage d’un client toutes les 30 secondes ». Il a décrit « une véritable organisation » structurée autour de la vente de stupéfiants, de la logistique et de la collecte des bénéfices.

Le représentant du ministère public a également souligné la violence liée à ces trafics. « Ces réseaux sont armés et se livrent à une lutte acharnée pour le contrôle des points de deal et de leur manne financière », a-t-il affirmé. Concernant le rôle présumé de Félix Bingui, il a ajouté qu’il « se positionne en chef d’équipe, en supérieur hiérarchique » et qu’« on lui rend des comptes ».

La défense a fermement contesté ces réquisitions. « Le parquet de Marseille a voulu faire de ce procès un laboratoire et de M. Bingui un cobaye pour requérir en matière de trafic de cannabis des peines jusque-là inconnues en France », a déclaré Me Philippe Ohayon. Pour Me Gaétan Poitevin, avocat de Mohamed Hussein Saleh, la peine demandée est « très très lourde, totalement disproportionnée ». Les plaidoiries devraient commencer mardi, avec une décision attendue d’ici la fin de la semaine.