Présidentielle 2027 : Villepin, à l’instar de Fillon, piégé par Robert Bourgi
Dominique de Villepin a confirmé dans « Complément d’Enquête » que les deux statuettes de Napoléon qu’il a reçues en cadeau proviennent de Robert Bourgi, mais il a déclaré qu’il n’aurait « jamais » accepté ces objets s’il avait connu « leur provenance ». Robert Bourgi affirme dans le même programme qu’il souhaite « l’empêcher d’aller à l’Élysée », en raison de propos tenus par Dominique de Villepin lors de l’incarcération de Nicolas Sarkozy l’an dernier.

Révélée par l’émission « Complément d’enquête », cette affaire rappelle celle des costumes de François Fillon. Cette fois-ci, Dominique de Villepin est impliqué, avec Robert Bourgi, déjà actif en 2017. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, qui aspire à la présidentielle de 2027, a reçu en cadeau, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères, deux statuettes par l’intermédiaire de Bourgi.
Figure emblématique de la Françafrique, Robert Bourgi affirme avoir offert à Dominique de Villepin deux statuettes de Napoléon, l’une donnée en 2002 par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, et l’autre par l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. D’après des factures publiées par l’émission de France 2, ces statuettes ont été acquises pour 75.000 euros et 50.000 euros respectivement.
Le clan Villepin évoque l’influence de Nicolas Sarkozy
Dans « Complément d’Enquête », Dominique de Villepin confirme que ces cadeaux ont été financés par Robert Bourgi. Néanmoins, il affirme qu’il n’aurait « jamais » accepté ces objets s’il avait connu « leur provenance » et se dit prêt à les restituer.
L’entourage de l’ancien Premier ministre qualifie cette affaire de « écran de fumée » orchestré par un « fidèle relais de Nicolas Sarkozy », un ancien président qui demeure un rival de Dominique de Villepin. « Personne n’est dupe des manœuvres d’un clan au bord de l’effondrement judiciaire et politique », a ajouté cette source, en soulignant que ces assertions interviennent en pleine procédure d’appel sur des accusations de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.
Bourgi s’oppose à une candidature de Villepin à l’Élysée
Pour sa part, Robert Bourgi, dans « Complément d’Enquête », nie toute implication de l’ancien président dans ces révélations. Cependant, il confie en vouloir à Dominique de Villepin en raison de propos tenus lors de l’incarcération de Nicolas Sarkozy l’année précédente et souhaite tout faire pour « l’empêcher d’aller à l’Élysée ».
Le nom de Robert Bourgi est également associé à l’affaire des costumes de luxe qui a terni la campagne présidentielle de François Fillon en 2017. Bourgi avait offert 13.000 euros de costumes, suscitant des soupçons de trafic d’influence, bien que cela ait abouti à un non-lieu.
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Bourgi, homme de l’ombre dans les réseaux politico-financiers liés aux anciennes colonies françaises, avait aussi déclaré en 2011 avoir remis à Jacques Chirac et Dominique de Villepin des valises de billets en provenance de pays africains entre 1997 et 2005. Une enquête ouverte à l’époque avait été classée sans suite en novembre 2011. Dans « Complément d’enquête », Dominique de Villepin soutient que ce récit est « parfaitement farfelu » et le qualifie de l’œuvre d’un « merveilleux conteur ».

