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Lenovo ne rachète pas un écran noir des années 90.

Lenovo a annoncé le 28 avril 2026 avoir finalisé l’acquisition de l’activité firmware de Phoenix Technologies, entité enregistrée à Dublin, en Irlande. Phoenix existe depuis 1979 et a fusionné avec Award en 1998, ayant ainsi 47 ans d’histoire du PC.


Lenovo a finalisé le rachat de Phoenix Technologies, un des leaders du BIOS depuis 1979. Bien que cette opération soit passée inaperçue, elle révèle l’intensité de la concurrence entre les fabricants de PC dans le contexte de l’intelligence artificielle intégrée.

Pour ceux qui ont assemblé un PC dans les années 90 ou 2000, les lettres blanches sur fond noir indiquant « Phoenix BIOS » étaient familières. En effet, ce court moment d’affichage avant le lancement de Windows était crucial, car il déterminait le bon fonctionnement de l’ordinateur.

Le 28 avril 2026, Lenovo a annoncé avoir finalisé l’acquisition de l’activité firmware de Phoenix Technologies, basée à Dublin, en Irlande. Le montant de la transaction n’a pas été précisé, ce qui soulève des interrogations. Grâce à cette acquisition, Lenovo obtient la propriété intellectuelle du BIOS, ainsi que des équipes d’ingénieurs et les relations établies par Phoenix avec les fabricants de puces.

Phoenix fournit déjà le firmware de certains modèles de ThinkPad depuis plus de 20 ans, rendant cette acquisition non pas une simple nouvelle collaboration, mais une officialisation d’un partenariat déjà en place.

Depuis sa création en 1979, Phoenix a conçu le premier BIOS compatible IBM PC, lancé en 1984 grâce à une technique de rétro-ingénierie en « clean room », et a fusionné avec Award en 1998. Cette acquisition marque ainsi la fin de 47 ans d’histoire dans le secteur du PC sous une direction chinoise.

Le BIOS, ou UEFI dans sa version moderne, est le premier logiciel qui s’exécute lors de la mise sous tension de l’ordinateur. Il initialise les composants matériels, gère les paramètres de sécurité à un niveau fondamental, avant de transmettre le contrôle au système d’exploitation.

Jusqu’à présent, Lenovo, tout comme Dell et HP, dépendait de fournisseurs tiers pour cette couche essentielle, le marché étant dominé par Phoenix, AMI et Insyde. En intégrant Phoenix, Lenovo acquiert une composante dont ses concurrents devront continuer à se passer : le contrôle total du démarrage de ses propres appareils. Luca Rossi, président du groupe Intelligent Devices, décrit cette acquisition comme un « tournant stratégique » et évoque des « économies significatives ».

Cette opération permet à Lenovo d’éviter de payer des licences à un tiers et d’optimiser potentiellement le firmware spécifiquement pour ses machines, en particulier les futurs PC dédiés à l’intelligence artificielle, un sujet de grande actualité. Lenovo s’engage ainsi dans une intégration verticale à la manière d’Apple, mais dans le contexte de Wintel. Cela renforce sa position de leader mondial du PC, offrant un avantage concurrentiel que ses rivaux n’ont pas.