Présidentielle 2027 : Retailleau réussira-t-il à devenir le candidat unique des Républicains ?
Bruno Retailleau s’est lancé dans la course à l’Elysée le 12 février et organise un vote électronique auprès des adhérents les 18 et 19 avril prochains. Les militants LR ont le choix entre trois options pour désigner leur champion pour 2027 : une primaire ouverte aux sympathisants, une primaire fermée aux seuls militants encartés et la désignation comme candidat du président LR, c’est-à-dire Bruno Retailleau lui-même.
Bruno Retailleau parviendra-t-il à imposer sa candidature ? Le président des Républicains a officialisé sa candidature à l’Elysée le 12 février et cherche désormais à se positionner au sein de la droite. Pour ce faire, le sénateur de Vendée a prévu un vote électronique à destination des adhérents les 18 et 19 avril prochains.
Les militants LR pourront choisir parmi trois options pour désigner leur candidat pour 2027 : une primaire ouverte aux sympathisants, une primaire fermée aux seuls militants adhérents, ou la désignation automatique du président LR, c’est-à-dire Bruno Retailleau lui-même. Ce processus a provoqué des tensions au sein de la droite ces dernières semaines.
Pour ses opposants, ce vote interne constitue une « farce », le résultat étant déjà connu. « Retailleau aurait pu assumer un simple plébiscite. Là, c’est plutôt malin, il organise un vote, mais tout le monde sait que nos militants ne veulent pas entendre parler de primaire, donc en réalité, il n’y a pas de suspense, si ce n’est le score qui validera sa candidature », ironise un vice-président du parti. Ce faux suspense a exaspéré d’autres prétendants de la droite.
David Lisnard, maire de Cannes, a qualifié ce vote de « biaisé, un vote truqué » avant de quitter les Républicains. « Ça secoue un peu chez les chapeaux à plumes, mais Bruno Retailleau a été élu président du parti par près de 75 % de nos militants l’année dernière. Et il s’était engagé à ce que ce soit eux qui désignent leur candidat à la présidentielle. Quoi de plus démocratique ? », répond le sénateur Marc-Philippe Daubresse. « Comme disait Chirac, un chef, c’est fait pour cheffer. Retailleau est président, confirmons sa candidature par un vote. Et tant pis pour le suspense… », s’amuse ce proche de l’ancien ministre de l’Intérieur.
Dès le week-end prochain, l’ex-premier flic de France pourrait donc être le seul candidat LR à la présidentielle, du moins de façon officielle. « Les militants vont voter, cela va renforcer sa légitimité. Il aura la force du parti, sa puissance financière. Mais ce vote est loin de résoudre tous les problèmes… », indique Eric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes.
En l’absence de primaire ouverte, David Lisnard a déjà déclaré qu’il se présenterait également à l’Elysée. Cette semaine, l’ancien Premier ministre LR Michel Barnier a lancé sa plateforme « bâtir ensemble » pour rassembler la droite et le centre en vue de 2027. Xavier Bertrand n’a pas renoncé à ses ambitions présidentielles. « Tout ça c’est du bullshit pour exister », déplore un des soutiens de Retailleau. « Lisnard est microscopique dans les sondages, Bertrand n’a même pas passé le cap de la primaire en 2022. Et Barnier se rêve en leader du socle commun, mais il a échoué au bout de deux mois à Matignon… », ajoute-t-il.
Même si près de 120 000 adhérents de LR valident sa candidature ce week-end, le patron de la droite n’est pas encore assuré de la victoire. « Ce n’est que le premier étage de la fusée », confie un député LR. « Il y aura ensuite très probablement une autre étape pour départager les candidats du bloc central, comme Edouard Philippe ou Gabriel Attal ».

