
Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann peut-il perdre la primaire du PS ?
Après une période de réflexion de trois mois, Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Le leader de Place Publique a officialisé sa décision lors d’une intervention au journal télévisé de TF1, déclarant : « Je pense que j’ai la vision qui permettra à la France de se redresser ». Toutefois, avant de se lancer dans cette ambition, l’eurodéputé devra d’abord triompher lors de la primaire prévue en octobre, organisée par son mouvement en collaboration avec le Parti socialiste.
Glucksmann, qui avait précédemment rejeté l’idée d’une primaire à gauche, la qualifiant de « truc d’appareils qui produit une synthèse molle », s’est finalement vu contraint de participer à ce scrutin interne. Conscient que sa campagne présidentielle nécessiterait le soutien et les ressources du Parti socialiste, il a reconnu l’importance de cette étape. Un membre influent du PS a souligné : « Sans nous, il n’avait aucune chance ». Dans ce contexte, Glucksmann apparaît comme le grand favori face à ses concurrents, notamment Ségolène Royal et les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj, qui ne disposent pas de la même notoriété.
Cependant, Olivier Faure, le dirigeant du PS, pourrait représenter un défi significatif. Sa candidature est attendue et, selon un élu socialiste, « Glucksmann a des soutiens puissants au PS, il reste le favori ». Place Publique revendique environ 10 000 adhérents, mais Glucksmann devra également séduire une partie des 40 000 militants du PS. L’incertitude demeure quant au nombre de sympathisants non-encartés qui pourraient voter, à condition de s’acquitter d’un droit d’entrée de 15 euros. Un député socialiste a mis en garde : « Une élection n’est jamais gagnée d’avance, il ne fait pas l’unanimité, donc oui je pense qu’il peut perdre ».
En s’engageant dans cette primaire, Glucksmann prend le risque d’être la cible des attaques de ses adversaires. Philippe Brun a déjà commencé à le critiquer, l’invitant à se confronter à la réalité du terrain. « Cher Raphaël Glucksmann, je viendrai au premier débat avec la boue sous mes chaussures de la terre du plateau du Neubourg que tu sembles mépriser », a-t-il exprimé sur X, en réponse à une remarque d’un soutien de Glucksmann. Romain Eskenazi, directeur de campagne de Brun, a souligné que « quand on est challenger, c’est normal de marquer ses différences face au favori ».
Ce climat de compétition pourrait également donner lieu à un front « tout sauf Glucksmann » lors d’un éventuel second tour. Aurore Lalucq, co-présidente de Place Publique, a réagi en affirmant que « quand on va dans une campagne, on n’a peur de rien ». Elle estime que le débat sera un honneur pour Glucksmann, qui est déterminé à convaincre et rassembler. Les débats télévisés à venir pourraient jouer un rôle crucial, d’autant plus que sa performance décevante lors d’un échange avec Éric Zemmour en 2025 avait suscité des doutes sur sa candidature.
