France

Présidentielle 2027 : La primaire de Bayrou « contre les extrêmes » est-elle envisageable ?

François Bayrou, figure emblématique du MoDem, appelle à une mobilisation sans précédent au sein du bloc central pour éviter un scénario électoral redouté. Dans un entretien accordé au Figaro, l’ancien Premier ministre a mis en garde contre le risque d’un second tour de l’élection présidentielle de 2027 opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, un affrontement qu’il juge « mortel pour la nation ». Pour contrer cette menace, il plaide pour l’organisation d’une grande primaire rassemblant des candidats de divers horizons, allant de Bruno Retailleau au Parti socialiste. « Tous ceux qui rejettent les extrêmes doivent accepter d’organiser une compétition entre les candidats potentiels », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’un vote ouvert prévu pour la fin janvier ou le début février.

La multiplication des candidatures au sein du bloc central et de la droite soulève des inquiétudes. Des personnalités telles qu’Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Dominique de Villepin et David Lisnard se sont déjà engagées dans la course à l’Élysée. D’autres, comme Xavier Bertrand, Gérald Darmanin, Michel Barnier et Élisabeth Borne, envisagent également de se lancer. Cette concentration de prétendants pourrait entraîner une confusion lors du premier tour de la présidentielle. Un député des Républicains a récemment exprimé son inquiétude : « Si seulement deux ou trois d’entre eux se présentent, nous sommes morts ! »

Les sondages actuels montrent Marine Le Pen en tête avec 34-35 %, tandis que Jean-Luc Mélenchon atteint des niveaux de popularité inédits pour un candidat à quelques mois de l’élection, avec 15 %, et pourrait bien se qualifier pour le second tour.

Concernant la faisabilité de la proposition de Bayrou, Edouard Philippe et Gabriel Attal ont déjà évoqué la nécessité de trouver un « processus de départage » avant février. Cependant, l’idée d’une primaire, suggérée par Attal, ne semble pas séduire Philippe, qui est actuellement en tête des sondages. De son côté, Bruno Retailleau reste déterminé à poursuivre sa candidature, malgré des doutes au sein de son propre parti. Alors que l’idée d’une primaire pour la droite et le centre semble déjà compromise, l’inclusion de la gauche socialiste dans ce processus, comme le suggère Bayrou, paraît irréaliste et est rejetée par les principaux concernés.

Romain Eskenazi, député socialiste, a réagi en affirmant que l’assimilation de la droite et de la gauche ne ferait qu’alimenter la montée de l’extrême droite. Sacha Houlié, proche de Raphaël Glucksmann, a également exprimé son scepticisme, soulignant que la gauche de gouvernement ne pourrait pas envisager un accord avec Retailleau, en raison des dérives autoritaires du bloc central.

Eskenazi a conclu en suggérant que, suite à la censure de son gouvernement et à son échec lors des municipales à Pau, François Bayrou devrait envisager de se retirer de la scène politique. Même en plein été, alors que la plupart des Français et des hommes politiques prennent des vacances, l’ancien Premier ministre tente de maintenir sa présence, mais peine à convaincre.