
Présidentielle 2027 : François Ruffin mène une campagne en stop surprenante
En juillet dernier, François Ruffin a entrepris un voyage à travers la France, accompagné d’un seul collaborateur chargé de le filmer et de deux micros discrets. Cette approche vise à préserver l’intimité des échanges qu’il engage lors de ses déplacements en voiture. Le député de la Somme a décidé de faire du stop, une initiative originale destinée à insuffler un nouvel élan à une campagne qui peine à capter l’attention du public. L’ancien membre de La France Insoumise se retrouve en effet en retrait, ayant misé sur une primaire de la gauche qui ne se concrétisera pas, tandis que Jean-Luc Mélenchon domine le paysage politique.
« Dans une campagne, vous êtes entourés de gens qui sont d’accord avec vous, il y a une nécessité pour moi de retrouver le réel. J’avais le sentiment d’un risque de décrochage vis-à-vis des gens, vis-à-vis de ce qu’ils pouvaient penser en vrai », confie François Ruffin après ses premiers trajets, l’un reliant la Gironde à Périgueux, l’autre entre un camping près de Perpignan et l’Ardèche. Cette idée lui est venue en tant que fan de l’émission « Nus et culottés », où deux amis font du stop en partant nus pour réaliser un rêve. Il précise avec humour : « Bon, moi, je ne pars pas nu. »
Sur sa chaîne YouTube, qui compte 250.000 abonnés, Ruffin a déjà partagé six vlogs, des vidéos qui retracent son périple et qui attirent environ 10.000 vues chacune. Son équipe diffuse également des contenus courts sur d’autres plateformes sociales, comme Instagram et X, où il est suivi par 445.000 personnes.
Lors d’un de ses trajets, il est pris en stop par Mickaël, un mécanicien originaire de Dunkerque, qui a quitté sa ville pour fuir des problèmes de chômage et de délinquance. « Mickaël, je ne peux pas le croiser si je ne fais pas ça », s’enthousiasme le candidat, soulignant que ce type de rencontre ne figure pas dans les reportages télévisés ni dans ses meetings.
En parallèle de cette campagne, François Ruffin prévoit de publier un livre programmatique en octobre, où il présentera ses propositions sur des sujets tels que l’emploi, le réchauffement climatique et le handicap, qui « revient de manière régulière » dans ses réflexions. Ce voyage en auto-stop sert également de « test » pour ses nouvelles idées, car il admet que « des gens de droite me prennent aussi », ce qui lui permet d’évaluer les réactions du public face à ses propositions.
