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Pourquoi « De la Comédie-Française » n’est pas LA comédie française de 2026

De la Comédie-Française, réalisé par Bertrand Usclat et Martin Darondeau, est la comédie à ne pas manquer en 2026. « Pourquoi ? », comme le dirait le régisseur brillamment interprété par Christian Hecq. Ce film, qui a déjà remporté plusieurs prix au Festival de l’Alpe d’Huez, est tout simplement hilarant. C’est l’une des nombreuses qualités de cette fiction comique qui plonge dans les coulisses de cette institution prestigieuse et qui figure déjà dans notre top 5 des films de 2026, tous genres confondus.

Nous sommes à trois heures de la première du Macbeth de Shakespeare, surnommée la « pièce écossaise » par superstition. La tension monte en coulisse avant le lever de rideau. « Ça nous tenait à cœur que ce ne soit pas une histoire de théâtreux pour les théâtreux », explique Pauline Clément. « Je pense que ça pourrait se passer dans d’autres milieux avec le même type de problèmes. »

Cette talentueuse comédienne, sociétaire de la Maison de Molière depuis cette année, a coécrit le film. Elle excelle dans le rôle d’une actrice tiraillée entre son rôle de mère et celui de metteuse en scène d’une petite troupe d’ego difficile à gérer. « Comme j’écrivais avec Bertrand Usclat et Martin Darondeau, j’ai pu intégrer des éléments de ma vie », précise-t-elle. « Dans mon personnage, il y a un peu d’eux, un peu de moi et un peu d’invention. Le fait de culpabiliser en me disant que je suis en train de mal m’occuper de mon enfant et de mal travailler, de ne pas trouver ma place, je l’ai un peu vécu. » Tous trois, issus de l’équipe de la série Broute, insufflent une énergie vibrante aux murs du théâtre, comme Molière le faisait sur scène.

L’expérience professionnelle et le lien avec le lieu que Pauline Clément apporte sont essentiels pour la crédibilité du récit, mais elle n’est pas la seule à faire preuve d’un sens comique remarquable. Ses partenaires féminines, Marina Hands, Danièle Lebrun, Séphora Pondi, Adeline D’Hermy et Florence Viala, sont tout aussi impressionnantes dans cette course contre la montre.

« C’était assez carré sur le texte parce qu’on n’avait pas beaucoup de temps », raconte Pauline Clément. « Mais comme il s’agit de situations qui nous sont familières, tous les comédiens ajoutaient des éléments que nous avons souvent conservés. » Laurent Stocker, Guillaume Gallienne, Benjamin Lavernhe, Serge Bagdassarian, Sefa Yeboah et Julien Frison apportent également des profils variés à une troupe dont le talent exceptionnel est le dénominateur commun. « On s’est amusé avec des archétypes », souligne Pauline Clément. Des personnages tels qu’une actrice adepte du cannabis, un ouvreur rêvant de monter sur scène, un jeune premier superstitieux et une habilleuse à la langue acérée trouvent leur place dans le récit.

On garde une affection particulière pour le comédien vieillissant interprété par l’irrésistible Laurent Stocker. « Ils ont écrit pour moi un rôle d’acteur très imbu de lui-même. Ça m’a beaucoup amusé de jouer cela, justement parce qu’il ne me ressemble pas, bien que j’en aie souvent rencontré », déclare-t-il en s’abstenant de dénoncer qui que ce soit. Sa performance transcende le registre comique pour offrir une réflexion touchante sur l’âge et l’amour. Il est, comme toujours, éblouissant.

« À la Comédie-Française, une première est à la fois un événement et un non-événement », commente Marina Hands, qui incarne une comédienne adultère par peur de vieillir. « C’est exactement ce qui se passe dans le film. Certains considèrent que c’est une première comme une autre, tandis que d’autres sont complètement stressés parce que c’est leur première à eux. » Le spectateur suit ce petit monde dans les couloirs, les loges, les cintres et sur scène, partageant leurs questionnements intimes et professionnels. « On a tourné quinze jours, trois fois cinq jours, entre les moments où on jouait sur scène », se souvient Marina Hands. « C’était à la fois joyeux et épuisant. »

Désacraliser un lieu que beaucoup trouvent intimidant est une manière efficace d’attirer un nouveau public qui n’aurait pas osé entrer dans la salle Richelieu, où le film a été tourné l’été dernier, juste avant les travaux de restauration. « Il ne faut pas oublier que le théâtre a commencé dans la rue et qu’il peut séduire tout le monde », précise Laurent Stocker. « On est à contre-courant. On travaille quand les gens se détendent et je trouve amusant de montrer cela et de faire découvrir tous les métiers nécessaires pour faire vivre un spectacle. » De quoi donner envie de se rendre rapidement au Français pour juger par soi-même.

Les amateurs de la Comédie-Française seront ravis de reconnaître leurs acteurs préférés dans des rôles de composition parfaitement adaptés. « Ce qui fait un peu la différence avec ce film, c’est qu’on est une bande d’acteurs, un peu comme celle du Splendid », déclare Marina Hands. « On se connaît tellement bien qu’il y a une complicité dans l’humour. » Cette joie palpable d’être ensemble offre des moments de franche hilarité, sans aucune baisse de rythme, car le film a l’élégance de ne durer qu’une heure quinze (nous vous encourageons vivement à rester pour le générique).

Alors, pourquoi aller voir cette comédie si l’on n’est pas familier avec la « Maison de Molière » et ses membres ? Parce qu’il est agréable de découvrir de nouveaux visages et de rire de bon cœur. « Et parce que c’est un film qui fait rire et qui ne parle pas que de théâtre, mais aussi de problèmes dans lesquels tout le monde peut se retrouver », analyse Laurent Stocker. « C’est un peu comme pour la série Dix pour cent. Les gens disaient : ça ne va pas marcher, ça parle des agents, un sujet trop ciblé. Dominique Besnehard a eu toutes les peines du monde à monter le projet qui a connu un grand succès. Cela prouve que ce que les gens ne connaissent pas peut les intéresser, surtout lorsqu’il s’agit de spectacle. » Nous souhaitons à De la Comédie-Française un aussi beau succès que celui de la série culte. Ne le manquez pas : un pur moment de plaisir vous attend en salle, en compagnie de la fine fleur de la maison.