France

Petits colis : la taxe française de 2 euros suspendue mercredi.

La taxe française de deux euros sur les petits colis, instaurée en mars, sera « suspendue » mercredi. Un droit de douane européen de trois euros sera introduit le même jour, remplaçant ainsi la taxe nationale.


Elle avait été, peut-être trop simplement, contournée par les acteurs concernés, les plateformes de vente asiatiques, qui faisaient parvenir les marchandises par camion depuis nos pays européens voisins. La taxe française de deux euros sur les petits colis, instaurée en mars, sera « suspendue » mercredi. Ce même jour, un droit de douane européen de trois euros, auquel cette taxe devait initialement s’ajouter, sera introduit, a annoncé mardi le gouvernement français à l’AFP.

« Comme nous faisons partie d’un marché unique et que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne justifie plus de conserver uniquement notre taxe sur les petits colis » en plus du nouveau « droit de douane de trois euros » européen, a expliqué le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin, modifiant ainsi sa position.

Depuis le 1er mars, la France a mis en place une taxe de deux euros par catégorie d’articles achetés sur les plateformes d’e-commerce extra-européennes pour limiter l’arrivée de « petits colis » de moins de 150 euros, en provenance de Chine.

### Expédition par avion puis par la route

Cette mesure devait à l’origine se cumuler dès juillet avec un droit de douane européen de trois euros par type d’article commandé, appliqué sur le sol de l’UE, portant le total à cinq euros par catégorie d’articles.

La taxe nationale devait ensuite être remplacée par un dispositif similaire, 100 % européen, prévu en novembre, afin d’harmoniser les règles pour l’ensemble du marché unique.

Cependant, les acteurs concernés – Shein, Temu, AliExpress… – ont contourné la taxe en expédiant par avion les marchandises vers d’autres pays européens, puis en les transportant par la route jusqu’en France.

### Un rendement beaucoup moins élevé que prévu

Cela a entraîné un « déport de volume » « d’ordre de 90 % depuis le 1er mars », a estimé à la mi-mai le directeur général des Douanes, Florian Colas, évaluant le rendement de la taxe à « 2,3 millions par mois », bien loin des 400 millions d’euros prévus pour l’année selon le budget 2026.

Interrogé fin mars sur la possible suspension de cette mesure, option déjà adoptée par l’Italie, Serge Papin avait qualifié son contournement « d’éphémère ».

Cependant, avec une taxation supérieure à celle de ses voisins, la France risquait d’être désavantagée de juillet à novembre. « Nous aimons nos amis belges, mais il n’est pas normal […] qu’eux seuls récupèrent ce qu’ils ont mis en place » quand « les petits colis continuent malgré tout d’entrer en France », résume le cabinet de Serge Papin. « Notre objectif était […] de pousser l’Europe à prendre des mesures » et « nous avons obtenu gain de cause », a-t-il insisté.

« La France a vraiment été pionnière », a ajouté le cabinet du ministre des Comptes publics, David Amiel.