Paris : La musique de jeu vidéo s’élève à la Philharmonie
L’exposition «Video Games & Music » se tient à la Philharmonie de Paris du jeudi jusqu’au premier novembre. Elle propose 27 bornes de jeu et retrace l’évolution de la musique de jeu vidéo, mettant en avant l’influence d’artistes comme Daft Punk, Jul ou Orelsan.

Que vous soyez un habitué des manettes ou non, il est probable que vous puissiez chanter la mélodie du premier niveau de Super Mario Bros. C’est ce phénomène qui motive l’organisation de l’exposition « Video Games & Music » à la Philharmonie de Paris. D’aujourd’hui jusqu’au 1er novembre, cet événement met en lumière le monde du jeu vidéo, souvent négligé.
Après une salle d’introduction, l’exposition s’ouvre dans un espace conçu comme un univers de jeu vidéo, comportant plusieurs zones à thème, ainsi que des recoins discrets et des « easter eggs », des clins d’œil cachés à découvrir au fil de l’exploration. Cela illustre un des messages principaux de l’exposition : « La musique de jeu vidéo, elle est vivante », résume Jean Zeid, journaliste et co-commissaire de l’exposition aux côtés de la musicologue Fanny Rebillard. « C’est une musique interactive qui s’adapte aux joueurs. On ne trouve pas ça au cinéma ou dans les documentaires. »
Des bip-bip aux grands orchestres
Lors d’une exposition dédiée à la musique, il arrive que les univers sonores se mélangent de manière peu harmonieuse. La sonate au clair de lune de Resident Evil empilée sur les riffs de Guitar Hero peut sembler discutable. Toutefois, l’exposition présente plusieurs zones où le public peut s’installer avec un casque ou une manette en main. Avec 27 bornes de jeu, l’événement se veut particulièrement interactif. Il retrace l’évolution d’un art longtemps limité par la technologie : « Au début des années 70, ils n’avaient presque rien, ça ne tient même pas sur un millième de smartphone, et ils arrivaient quand même à faire de la musique », rappelle Jean Zeid. Le parcours montre comment ces contraintes techniques ont contribué à forger une identité musicale, allant des sons les plus simples aux orchestrations complexes d’aujourd’hui.
Actuellement, « il n’y a pas une musique de jeu vidéo, mais des musiques de jeu vidéo », insiste le commissaire. Électro, symphonique, hip-hop ou pop : le champ d’expression s’est diversifié. Des artistes comme Daft Punk, Jul ou Orelsan reconnaissent cette influence, même si elle reste parfois discrète. « Les musiciens sont souvent des gamers. Cette musique les a imprégnés et elle nourrit leur travail. » L’exposition rend hommage à ces connexions, mais aussi aux jeux de rythme et aux compositeurs de l’industrie vidéoludique. Le compositeur préféré de Jean Zeid ? « [Hirokazu] Tanaka, l’autre compositeur de Nintendo avec Koji Kondo qui a réalisé la musique de Mario. C’est lui qui a composé les musiques les plus célèbres de la GameBoy, Mario Land et Tetris, et j’apprécie son aspect outsider. »
Au-delà de la nostalgie, « Video Games & Music » vise principalement à élargir les perspectives. Même si l’objectif n’est pas de convertir les visiteurs en gamers, « j’espère [qu’ils] ressortiront intrigués, qu’ils se diront qu’il y a beaucoup plus dans le jeu vidéo que les caricatures », confie Jean Zeid. Les six mois de l’exposition seront ponctués de concerts et de rencontres. Une façon de prolonger l’expérience, en attendant la prochaine partie.

