
OL – AJ Auxerre : « Si je dois me faire tabasser »… Les Lyonnais face aux agressions racistes.
Au Parc OL, l’ambiance était estivale ce vendredi, avec un thermomètre frôlant les 30 degrés alors que les supporters se rassemblaient pour le match de Ligue 1 contre Auxerre. Les familles et amis profitaient des food trucks et des buvettes, savourant les derniers instants d’une saison estivale qui s’achevait. Malgré une affluence inférieure à 36.300 spectateurs, ce chiffre s’explique davantage par l’horaire inhabituel de 19 heures et le statut d’Auxerre, lanterne rouge du championnat, que par les répercussions des enquêtes ouvertes suite à des agressions racistes survenues la semaine précédente.
Les réseaux sociaux s’enflamment, appelant à un « plan Leproux » et à la dissolution des Bad Gones, le principal groupe de supporters lyonnais. Meriem Bouchedda, élue de Rillieux-la-Pape, a dénoncé l’attitude de certains membres du groupe, qui auraient ignoré son agression. Pourtant, les supporters présents au stade affichent des opinions divergentes. Julien, abonné au virage nord depuis six ans, affirme n’avoir jamais rencontré de problèmes. Johan, un autre habitué, plaide pour la patience et la justice, tout en soulignant que ces incidents ne les empêchent pas de venir au stade.
La Préfecture a renforcé les mesures de sécurité pour le match, en raison des risques de violences entre groupes de supporters. La CRS 83, spécialisée dans les violences urbaines, était déployée pour surveiller l’après-match. Alors que les chants de supporters résonnaient, des références problématiques ont également émergé, suscitant des réactions mitigées parmi les spectateurs. Daniel, un jeune supporter d’origine camerounaise, évoque la présence de comportements racistes dans le stade, sans pour autant renoncer à soutenir l’OL.
Les témoignages de supporters révèlent des expériences variées. François, qui a résilié son abonnement en 2017, déplore les comportements racistes dans les tribunes. Il souligne que le club semble trop laxiste face à ces incidents. Un communiqué de l’OL a rappelé sa tolérance zéro envers les violences et les discriminations, tout en annonçant l’ouverture d’une enquête interne. Cependant, des critiques persistent quant à l’efficacité des actions menées par le club.
Les réactions politiques se multiplient suite aux violences récentes. Laurence Fautra, maire de Décines-Charpieu, appelle l’OL à prendre ses responsabilités. Jean-Emmanuel Alloin, adjoint à la Sécurité, dénonce des actes de violence inacceptables. L’ancien joueur de l’OL, Sidney Govou, exhorte à une prise de conscience collective pour mettre fin à ces comportements.
Enfin, vendredi, en plein match, trois hommes ont été interpellés pour leur implication dans les violences contre Meriem Bouchedda et son compagnon. Le principal suspect, déjà connu des autorités, a reconnu les faits, illustrant ainsi l’urgence d’une réponse ferme face à la montée de la violence et du racisme dans le milieu du football.
