France

Nice : Deux femmes arrêtées après la mort d’une cliente lors d’un soin esthétique clandestin

Un drame met en lumière un nouveau problème de santé publique. Trois individus ont été mis en examen, dont deux femmes placées en détention provisoire, après le décès d’une cliente dans un institut de beauté à Nice lors d’un soin esthétique réalisé sans autorisation, a annoncé ce jeudi le procureur.

Lundi après-midi, une femme de 25 ans s’est rendue dans ce petit salon de beauté situé dans l’ouest de Nice pour des injections de Botox au niveau des fesses. Cependant, la jeune femme a fait un malaise juste après une première injection de lidocaïne, un anesthésiant, et n’a pas pu être réanimée, précise un communiqué du procureur, Damien Martinelli.

La gérante du salon, âgée d’une trentaine d’années, ainsi que la femme ayant effectué l’injection, d’environ 35 ans, ont été rapidement placées en garde à vue. Mardi, le mari de cette dernière, qui avait emporté des produits juste après le drame, les a remis aux enquêteurs et a également été placé en garde à vue. Lors de la perquisition du salon, les enquêteurs ont découvert 1.500 euros en liquide ainsi que « de nombreux produits neufs et usagés, notamment des médicaments, des seringues et des produits injectables manifestement en provenance d’Asie », selon le communiqué.

La femme ayant réalisé l’injection n’avait aucune formation spécifique et intervenait par le biais du bouche à oreille depuis 2022. Résidant en région parisienne, elle était en vacances dans le Var et avait été sollicitée par la gérante du salon niçois. Cette dernière a ouvert le salon il y a deux ans et le louait à des intervenants extérieurs, le plus souvent contre des paiements en liquide. Après avoir pratiqué des injections, elle ne proposait elle-même que des soins du visage ou de blanchiment dentaire.

À l’issue des gardes à vue, une information judiciaire a été ouverte mercredi pour homicide involontaire, mise en danger d’autrui, exercice illégal de la profession de médecin et pratique commerciale trompeuse. L’affaire s’inscrit « dans un contexte de développement de ces activités illicites et dangereuses », a déploré Damien Martinelli. En juin, sa juridiction a traité deux affaires distinctes liées à des injections clandestines. Trois personnes ont été condamnées à des peines de prison avec sursis probatoire allant de douze à dix-huit mois, et une personne a été placée sous contrôle judiciaire en attente de procès.

Dans un communiqué, le Dr Eric Essayagh, médecin esthétique à Nice et coprésident du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique, a dénoncé « une urgence de santé publique ». « Aujourd’hui, nous estimons que plus de 40 % des injections esthétiques sont réalisées en dehors du cadre médical, dans des appartements, des instituts ou des lieux échappant à tout contrôle », a-t-il souligné.

En mars, une femme d’une quarantaine d’années est décédée après avoir reçu des injections de lidocaïne et d’acide hyaluronique dans les fesses dans un appartement à Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise.