
« Monique Barbut : « Je resterai tant que j’ai la garantie d’agir » »
Quoi qu’il advienne par la suite, ce sera sa « première et dernière expérience politique ». Monique Barbut, encore ministre de la Transition écologique après son faux départ, a été persuadée par Emmanuel Macron de rester en poste malgré l’annonce de sa démission mardi soir.
« Je resterai tant que j’ai la garantie de pouvoir agir », a-t-elle déclaré dans une interview aux Echos, à l’issue d’une journée marquée par des rebondissements concernant son avenir, suite à l’adoption de la loi d’urgence agricole au Parlement. « C’est pour cela que je me sens très libre. Très libre mais toujours loyale », a précisé Monique Barbut, tout en exprimant son désaccord avec la manière dont la version finale du projet de loi agricole a été élaborée, notamment en ce qui concerne l’acétamipride.
Le Parlement a validé mardi le projet de loi d’urgence agricole, qui permet à l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) de réintroduire sous certaines conditions deux pesticides interdits, l’acétamipride et le flupyradifurone, pour quelques filières en difficulté, notamment celles des noisettes et de la betterave.
« Ce qui m’a profondément gênée, c’est la méthode car la discussion spécifique sur l’acétamipride n’a pas pu avoir lieu à l’Assemblée malgré les garanties qui m’avaient été fournies », a déclaré la défenseuse de l’environnement de 69 ans, qui a annoncé mercredi matin sa démission sur le réseau LinkedIn avant de finalement décider de rester.
« Je reste totalement opposée à sa réintroduction », a insisté l’ancienne présidente de l’ONG environnementale WWF France, qui a affirmé respecter « un vote démocratique » au Parlement et a évoqué des « garanties » obtenues concernant des sujets qui seront « traités en priorité ».
Parmi ces sujets, un décret sera « mis en consultation dans les prochains jours » concernant la trajectoire de réduction du cadmium. La protection des captages d’eau potable sera également incluse parmi les premiers décrets à entrer en application après la promulgation de la loi d’urgence agricole, a-t-elle précisé.
