France

Lyon : Trois morts dans un nouvel incendie criminel de narcotrafic

Trois morts et quatorze blessés ont été recensés suite à un incendie criminel survenu ce lundi vers 7h30 dans un immeuble de sept étages à Décines-Charpieu, dans le Rhône. Par ailleurs, le préfet délégué à la sécurité, Antoine Guérin, a indiqué qu’il y avait eu dernièrement dans le quartier « des paillassonnages, c’est-à-dire des feux de paillassons, sur fond de guerre de narcotrafic ».


Trois morts et quatorze blessés. C’est le bilan tragique d’un incendie criminel survenu ce lundi à 7h30 dans un immeuble de sept étages à Décines-Charpieu, dans le Rhône. Les habitants ont été surpris par les flammes dès leur réveil. Une des résidentes s’est défenestrée en sautant du septième étage. À ce jour, l’identité des victimes n’a pas été révélée.

Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « dégradation par moyen dangereux ayant entraîné la mort », « homicide volontaire en bande organisée » et « participation à une association de malfaiteurs ». Bien que « aucune hypothèse ne soit écartée », les enquêteurs de la DCOS privilégient la piste d’un règlement de comptes lié au narcotrafic, en raison de la similitude avec plusieurs incendies récents dans la région.

Sur les lieux, le préfet délégué à la sécurité, Antoine Guérin, a confirmé que la piste criminelle était privilégiée, notamment car « plusieurs départs de feu » avaient été constatés dans les parties communes. Il a également signalé des « paillassonnages », désignant des feux de paillassons liés à la guerre de narcotrafic dans le quartier. Des renforts policiers seront affectés à la sécurité de la zone dans la soirée.

Ce mode opératoire est devenu familier pour les forces de l’ordre, qui constatent une augmentation des actes de violence incendiaire. « Les incendies criminels dans le quartier se sont multipliés récemment. C’est un phénomène que nous n’avions jamais observé auparavant », a indiqué Sébastien Gendraud, secrétaire départemental du syndicat Un1té.

Gendraud relie aussi cette montée des « incendies de portes » à la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos d’intimidation liées à la « Jefe Mafia », des vidéos commençant à apparaître début 2024. Ces images montrent des individus masqués utilisant de l’essence pour enflammer des façades ou des portes d’appartements. « C’est à ce moment-là que cela a commencé. Cela s’était un peu apaisé par la suite », a-t-il constaté, ajoutant que de tels actes se produisent désormais « presque tous les soirs ».

Mettre le feu à la porte d’un appartement est devenu une méthode pour les trafiquants afin d’intimider leurs rivaux ou des résidents refusant de servir d’« appartement nourrice » pour la drogue ou l’argent. Le secrétaire départemental d’Un1té déplore une « escalade de la violence » à Lyon, où « des échanges de tirs se produisent régulièrement », parfois avec des victimes collatérales. Le 24 avril dernier, à Décines-Charpieu, une femme a été blessée par une balle perdue alors qu’elle marchait avec ses deux enfants.

Ce climat de terreur ne se limite pas à l’Est lyonnais. Trois heures avant le drame de Décines, vers 4h30 du matin, un autre incendie criminel a été signalé dans le 9e arrondissement de Lyon. Cet incendie a touché le premier étage d’un immeuble d’habitation, selon une source policière contactée par *20 Minutes*. Bien que cet incident n’ait pas fait de blessés, les enquêteurs de la DCOS analysent soigneusement la simultanéité et la similarité des événements. La possibilité d’une opération coordonnée ou d’une riposte violente entre gangs rivaux est désormais au centre des investigations.