
Loïk Le Priol avoue être « l’auteur de la mort » d’Aramburú, défend sa légitime défense.
Au cœur de la cour d’assises de Paris, la salle Voltaire s’apprête à accueillir un procès qui suscite une attention médiatique considérable. Ce lundi, Loïk Le Priol et Romain Bouvier sont jugés pour l’assassinat de l’ancien rugbyman argentin Federico Martín Aramburú, survenu le 19 mars 2022 dans le 6e arrondissement de la capitale française. L’affaire, marquée par des éléments d’extrême droite, promet de révéler des détails troublants sur une nuit tragique.
Loïk Le Priol, 32 ans, se présente dans le box des accusés avec un aspect affaibli, vêtu d’une chemise bleu ciel. Son apparence contraste avec son passé militaire et ses antécédents judiciaires, notamment une condamnation pour la torture d’un ancien dirigeant du Groupe union défense (GUD) en 2015. À ses côtés, Romain Bouvier, 35 ans, se décrit comme un « gentleman fasciste » et arbore un crâne rasé, accompagné d’une barbe naissante.
Le procès attire un public varié, incluant des membres de l’association Hego Pampa, qui rendent hommage à Aramburú en portant des bandanas rouges et un drapeau argentin. Ce groupe symbolise l’héritage de l’ancien rugbyman, connu pour ses efforts de solidarité entre la France et l’Argentine. L’événement est également suivi par des figures politiques locales, telles que Thomas Portes et Peio Dufau, ainsi qu’une foule de curieux espérant assister à ce procès très médiatisé.
Malgré l’affluence, la salle est rapidement comble, forçant le personnel à installer des ventilateurs pour améliorer la circulation de l’air. L’atmosphère devient électrique lorsque les accusés prennent la parole, invités par le président de la cour.
Interrogé sur les faits qui lui sont reprochés, Loïk Le Priol admet partiellement sa responsabilité. « Je suis l’auteur de la mort de Federico Martín Aramburú. J’ai toujours expliqué avoir tiré pour me défendre », déclare-t-il, tout en reconnaissant l’impact de cette tragédie sur sa vie. De son côté, Romain Bouvier, accusé de tentative d’assassinat, conteste presque entièrement les faits, affirmant qu’il n’avait jamais eu l’intention de blesser la victime, bien qu’il ait tiré à plusieurs reprises en sa direction.
Les deux hommes font face à des peines sévères, pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité, en compagnie d’un troisième accusé, Lyson R., poursuivie pour complicité. Ce procès, qui se poursuivra jusqu’au 25 septembre, promet de lever le voile sur une affaire tragique qui a profondément marqué le monde du rugby et au-delà.
