« Les conducteurs de voiture électrique dénoncent des prix aléatoires »
Les prix des bornes de recharge des voitures électriques peuvent varier jusqu’à 500 % sur une même borne, et certains opérateurs facturent au kilowattheure (kWh), d’autres à la minute, rendant ainsi la comparaison compliquée. À Crest-Voland (Savoie), Jean-Luc a constaté que « les tarifs vont de 0,17 €/kWh à 0,77 €/kWh sur la même commune ».
Les alertes émises par plusieurs associations concernant les tarifs « opaques et très variables » des bornes de recharge des voitures électriques, pouvant fluctuer jusqu’à 500 % sur une même borne, ont résonné auprès de nombreux lecteurs de « 20 Minutes ».
Le principal problème souligné est le manque de transparence lors de la recharge du véhicule. Alain fait remarquer que « les tarifs ne sont pas affichés contrairement aux prix de l’essence ». À la différence des stations-service traditionnelles qui affichent clairement le prix au litre sur de grands panneaux, les règles de la recharge électrique sont jugées peu claires. Maud s’agace de « ne jamais payer le même prix, surtout sur l’autoroute pour la même recharge, et les prix ne sont pas affichés comme pour les carburants ».
### Jongler entre les applications et les badges
À la borne, l’absence de terminal bancaire nécessite d’utiliser des applications ou des cartes de recharge. Cécile décrit la situation : « c’est le bazar ! Entre les cartes et badges dont on ne sait jamais s’ils vont passer ou non, et les prix totalement aléatoires, ça doit être très compliqué pour les budgets serrés ! ». En rechargeant son véhicule à Paris, Yann a connu une mauvaise expérience : « Je me suis trompé de carte et au lieu de payer 4-5 euros avec ma carte Belib, je me suis retrouvé avec une facture de 48 euros sur mon autre carte… ».
Au-delà des cartes, la variabilité des prix est déconcertante. Certains opérateurs facturent au kilowattheure (kWh), d’autres à la minute, et beaucoup combinent les deux. Des frais de connexion ou des taxes d’occupation peuvent s’ajouter. Phil s’indigne : « Il y a souvent des tarifs à la minute alors que la puissance de charge n’est pas garantie. Les tarifs à la minute ne devraient s’appliquer qu’après un certain temps ». Olivier renchérit : « Le fait qu’il y ait des tarifications au kWh, d’autres à la minute et d’autres un mix des deux rend très compliquée la comparaison ».
La gestion par les collectivités locales ne semble pas plus avantageuse économiquement, selon plusieurs témoignages. À Saint-Cyr-l’École, dans les Yvelines, Barbara déplore : « Depuis mars 2026, la commune a changé d’opérateur, et les prix ont fortement augmenté, avec une tarification au temps à la minute et au kWh ». À Crest-Voland (Savoie), Jean-Luc s’étonne que « les tarifs varient de 0,17 €/kWh à 0,77 €/kWh sur la même commune ». Virginie atteste qu’« pour la même recharge, il peut y avoir plus de 10 euros de différence ».
### À la recherche de la borne la moins chère
Pour éviter que leur facture n’égale celle d’un plein d’essence, les utilisateurs ont développés diverses stratégies. Frédéric et Michel utilisent des écosystèmes fermés réputés fiables, comme Tesla. D’autres conducteurs se dirigent vers les parkings de supermarchés qui proposent des tarifs attractifs. « Maintenant, je me recharge sur les bornes des réseaux des centres Leclerc ou Lidl, avec un tarif situé entre 0,26 et 0,30 €/kWh », raconte Bertrand.
Les applications de comparaison connaissent également un grand succès. « J’utilise Chargeprice, raconte Laurent. Cela permet de connaître, en fonction des cartes, les coûts de recharge selon les kWh, mais aussi les temps de charge. », explique-t-il. Aldéric, propriétaire d’une Zoé d’occasion, a lui aussi intégré cette démarche : « On se met à organiser nos trajets « à l’ancienne » en choisissant une borne peu chère sur notre route. Trouver des tarifs variant du simple au quintuple (!) sur le parcours est souvent frustrant ». Pour beaucoup, la solution la plus simple demeure la recharge à domicile. « J’ai investi dans l’énergie solaire afin de minimiser les coûts de recharge à l’extérieur, le soleil ayant un tarif bien plus bas », affirme Fabien.
### Un frein pour que l’électrique devienne la norme
Pour Dominique, « cette connaissance trop technique est un frein à l’utilisation des véhicules électriques par le plus grand nombre ». Certains finissent par abandonner, comme Jean qui a recours à un véhicule hybride d’entreprise : « En un an, j’ai pu recharger 10 fois autour de mon lieu de rendez-vous professionnel. Les deux autres années du contrat, je n’ai JAMAIS rechargé. Trop pénible ».
