L’Élysée ne doit pas être perquisitionné dans l’enquête sur les panthéonisations
Le 14 avril, les enquêteurs et magistrats du Parquet national financier (PNF) n’avaient pas été autorisés à accéder au palais présidentiel lors de leur première tentative de perquisition de l’Elysée. Une information judiciaire a été ouverte en octobre 2025 pour « favoritisme, prise illégale d’intérêt, corruption et trafic d’influence ».
Cette fois-ci, les enquêteurs ont pu procéder comme prévu, après avoir été empêchés d’accéder au palais présidentiel lors d’une première tentative de perquisition le 14 avril dernier. Ce jeudi, la perquisition a eu lieu dans le cadre des investigations portant sur l’attribution des cérémonies d’entrée au Panthéon, a annoncé le Parquet national financier (PNF) à l’AFP, confirmant une information du Monde. La dernière intervention au palais présidentiel remontait à 2018, dans le cadre de l’affaire Benalla, sous le premier mandat d’Emmanuel Macron.
« Des opérations de perquisitions ont eu lieu le 21 mai dans des locaux de l’Elysée, dans le cadre de l’information judiciaire visant notamment les conditions d’attribution de certains marchés publics relatifs à l’organisation de cérémonies de panthéonisation par le Centre des monuments nationaux (CMN) », a détaillé le PNF. Il a également précisé que « ces opérations ont été précédées d’échanges institutionnels afin d’en permettre le déroulement ».
Le 14 avril, les magistrats et enquêteurs du PNF avaient été confrontés à « une analyse selon laquelle l’article 67 de la Constitution emporterait l’inviolabilité des locaux rattachés à la présidence de la République », comme l’avait expliqué le procureur de la République financière, Pascal Prache, dans un communiqué. Selon cet article, le président de la République n’est généralement pas responsable des actes accomplis en cette qualité et ne peut être requis de témoigner ni faire l’objet d’actions ou de poursuites durant son mandat.
Ces opérations se déroulent dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en octobre 2025 pour « favoritisme, prise illégale d’intérêt, corruption et trafic d’influence ». Les enquêtes portent principalement sur les conditions d’attribution de certains marchés publics pour l’organisation des cérémonies de panthéonisation. D’après Le Canard enchaîné, qui a révélé l’affaire, les enquêteurs s’interrogent sur le choix de la société Shortcut Events pour organiser les cérémonies d’entrée au Panthéon des personnalités illustres pendant vingt-deux ans. Chaque panthéonisation a été facturée à l’Etat « autour de 2 millions d’euros », selon l’hebdomadaire satirique.
Joint par l’AFP, l’Élysée n’a pas souhaité faire de commentaire pour le moment.

