France

Le gouvernement souhaite former tous les cadres de l’Éducation nationale aux discriminations anti-LGBT+.

« 100 % des cadres du ministère de l’Éducation nationale » seront formés pour mieux lutter contre les discriminations anti-LGBT+. C’est le nouveau plan annoncé ce samedi par la ministre en charge de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé. Cette initiative a pour objectif de « mieux qualifier et signaler les actes anti-LGBTI+ » au sein des établissements scolaires, comme l’indique le ministère dans un communiqué de presse présentant le nouveau Plan national pour l’égalité, qui vise à combattre la haine et les discriminations anti-LGBTI+ pour la période 2026-2029.

Le dispositif se traduira par un « module dédié à la lutte contre la haine anti-LGBT+ […] intégré à la formation des directeurs et des inspecteurs » ainsi que par un renforcement de la formation continue, a précisé Aurore Bergé dans une interview accordée à Libération. Elle a également exprimé le souhait qu’un vademecum sur la lutte contre les discriminations anti-LGBT+ soit disponible dans tous les établissements scolaires d’ici la rentrée 2027.

« La question éducative est centrale quand on veut lutter contre ces phénomènes de violence et de haine », a-t-elle affirmé dans une autre interview au quotidien La Nouvelle République. La ministre déléguée a mis en avant que les victimes d’infractions anti-LGBT+ « sont de plus en plus jeunes » et qu’un quart des auteurs de ces actes ont entre 13 et 17 ans.

« Nous avons beaucoup progressé sur la formation des policiers, gendarmes et magistrats, ainsi que sur les signalements par l’Éducation nationale », mais « nous devons être beaucoup plus proactifs », a-t-elle ajouté à propos de ce plan, dévoilé en marge de la manifestation des Fiertés rurales, la Pride des campagnes, qui s’est tenue ce samedi à Chenevelles (Vienne).

Le plan national présenté samedi prévoit également de garantir, d’ici 2029, « la déjudiciarisation de la procédure de changement de sexe à l’état civil ». Ces démarches peuvent être « vécues de manière douloureuse », a souligné la ministre dans Libération. Ce plan vise également à ce que, d’ici 2029, tous les départements français disposent d’au moins un centre LGBT+.

Dans son entretien avec Libération, Aurore Bergé a exprimé le souhait que ces centres « deviennent de véritables ressources en santé mentale », alors que « le risque suicidaire chez les jeunes LGBT+ est deux à sept fois supérieur à celui des hétérosexuels ». En 2025, 4.900 infractions anti-LGBT+ ont été enregistrées en France, marquant une hausse de 2 % par rapport à l’année précédente, selon les chiffres du service statistique du ministère de l’Intérieur. Près de la moitié des victimes de ces infractions ont moins de 30 ans.