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L’ascension fulgurante de The Row, la marque à un milliard des sœurs Olsen

Dans un univers saturé de bruit, The Row, la marque des sœurs Olsen, a construit son empire sur le silence. Le 3 juillet 2026, le conseil d’administration de la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM) a validé l’adhésion officielle de The Row, la marque la plus discrète du secteur du luxe, aux côtés d’Alaïa, Tom Ford et de l’Australienne Zimmermann. Cette décision de l’institution qui organise la Paris Fashion Week vise à inscrire durablement au calendrier une maison américaine déjà convoitée par les initiés. Cette reconnaissance vient couronner un parcours exceptionnel, celui de deux anciennes enfants stars devenues les figures emblématiques du « quiet luxury » et d’une entreprise valorisée à un milliard de dollars, selon Bloomberg News.

Une marque née sous le signe du tailoring

Tout débute en 2006. Mary-Kate et Ashley Olsen, alors célèbres pour leur rôle de Michelle Tanner dans La Fête à la maison, lancent leur ligne de vêtements pour femmes : The Row, en référence à Savile Row, la célèbre rue londonienne des tailleurs sur mesure. Le message est clair : il s’agit de coupe, de matière et de savoir-faire, loin de la notoriété. Les sœurs poussent cette logique à l’extrême en refusant, dans un premier temps, d’associer leur nom à la marque et en s’abstenant de toute interview publique à son sujet pendant les trois premières années.

Des basiques intemporels affûtés

La maison débute avec une collection de basiques intemporels mais raffinés, affichant des prix dès le départ vertigineux : un simple tee-shirt coûte environ 500 dollars, soit 430 euros. Le défi est audacieux, mais la reconnaissance ne tarde pas : six ans plus tard, en 2012, les jumelles abandonnent définitivement leur carrière d’actrices et reçoivent le prix de créatrice de l’année en prêt-à-porter féminin décerné par le Council of Fashion Designers of America (CFDA). Une distinction rare pour une marque aussi jeune.

Le « quiet luxury » avant l’heure

The Row a en réalité créé une esthétique bien avant qu’elle ne soit nommée. Le « quiet luxury » désigne une mode dépouillée de tout logo ostentatoire, privilégiant la qualité irréprochable des matières, la sobriété des lignes et une élégance intemporelle plutôt que le bling-bling. Un vestiaire que seuls les connaisseurs savent apprécier. Lorsque la tendance explose sur les réseaux sociaux en 2022 et 2023, portée par la série Succession, The Row la pratique déjà depuis 2006.

Le silence est d’or

À l’instar de Daft Punk dans le domaine musical, la marque a fait du silence sa signature : pas de publicité, pas de présence des sœurs Olsen sur les réseaux sociaux et interdiction des téléphones portables lors des défilés. Lors du show automne 2024 à Paris, les invités ont ainsi reçu de petits carnets. Sur un autre registre, les clientes apprécient également une caractéristique rare pour une marque de créateur : certaines pièces sont disponibles jusqu’en taille XL, la maison maîtrisant parfaitement le tombé des matières sur le corps pour des silhouettes toujours flatteuses.

Dans le cercle fermé de la maroquinerie de luxe

The Row a su s’imposer dans la maroquinerie haut de gamme, un cap que même certains géants du secteur, comme Giorgio Armani, n’ont pas réussi à franchir. Le sac Margaux, inspiré de la sacoche de médecin, en est l’incarnation la plus aboutie. À environ 7.000 dollars (près de 6.000 euros) pour la plus grande taille, il coûte à peu près la moitié du prix d’un Birkin d’Hermès et s’affirme déjà comme un classique. Cet été, le sac Terrasse, rectangulaire, avec de fines anses tubulaires et parfaitement en phase avec l’ADN minimaliste de The Row, a été aperçu à l’épaule de Hailey Bieber, Kendall Jenner et Zoë Kravitz. Résultat ? Une hausse de 70 % des recherches pour ce modèle.

Le gotha du luxe au capital

Cette discrétion n’a pas empêché les résultats. La maison a levé des fonds en 2024, valorisant l’entreprise à environ un milliard de dollars, soit 854 millions d’euros, selon Bloomberg News. À cette occasion, la famille Wertheimer, propriétaire de Chanel, et Françoise Bettencourt Meyers, héritière de L’Oréal, sont devenues actionnaires minoritaires, les sœurs Olsen conservant le contrôle majoritaire.

La marque figure dans le Top 20 du dernier Lyst Index, le baromètre trimestriel des griffes les plus recherchées, aux côtés de maisons telles que Chanel, Dior ou Saint Laurent. En seulement vingt ans, les sœurs Olsen ont bâti un empire en faisant de la discrétion le plus grand luxe.