« La solitude des premières dames avant Brigitte Macron : une tristesse inédite »
Brigitte Macron a déclaré à La Tribune Dimanche : « Je suis parfois triste comme jamais je ne l’avais été » après neuf années à l’Elysée. Anne-Aymone Giscard a expliqué dans le livre de Bertrand Meyer-Stabley sorti en 1987 que « le poids des obligations officielles, c’est vraiment quelque chose de lourd. »
Dimanche, Brigitte Macron a exprimé la mélancolie qu’elle ressent parfois dans son rôle de première dame. « Je suis parfois triste comme jamais je ne l’avais été », a-t-elle déclaré à La Tribune Dimanche. Après neuf années à l’Elysée, elle a confié qu’il était « parfois difficile de voir le ciel bleu ». Elle n’est pas la seule, les premières dames ont souvent partagé, parfois avec parcimonie, leur solitude, leur tristesse ou leur malaise dans cette fonction particulière. Voici un aperçu.
**Valérie Trierweiler (2012-2014)**
L’ancienne journaliste Valérie Trierweiler a partagé sa vie avec François Hollande de 2005 à 2014 et a occupé le poste de première dame entre 2012 et 2014. Sur France 3, elle a comparé l’Elysée à une « prison dorée ». « Je sais que ça peut être compliqué à comprendre pour les Français mais malgré les dorures, malgré la vie facile – sans avoir à faire de courses ni à cuisiner – on finit par s’apercevoir que les tâches ménagères sont un plaisir. Quand on vous enlève tout, on vous vole votre vie. Pour moi, la vie de première dame n’était pas la vie rêvée. »
Lorsque le magazine Closer a révélé la liaison secrète du président socialiste avec l’actrice Julie Gayet, le scandale a fait la Une des journaux du monde entier. Elle a été hospitalisée à Paris. Plus tard, dans son livre Merci pour ce moment, elle a décrit une scène ressemblant à une tentative de suicide. « Les photos ont fait le tour du monde alors que j’étais à l’hôpital, sous tranquillisants. Et l’homme que j’aimais a rompu avec moi par un communiqué de dix-huit mots qu’il a dicté lui-même à l’AFP, comme s’il traitait une affaire d’État », a-t-elle déploré dans son ouvrage.
**Cécilia Sarkozy (mai-octobre 2007)**
On dit qu’elle a « donné une dimension glamour, rebelle et imprévisible à la fonction ». En 2005, Cécilia Attias (alors Sarkozy) avait déclaré à Télé Star : « Je ne me vois pas en First lady. Cela me rase. Je ne suis pas politiquement correcte. Je me balade en jean, en treillis ou en santiags. Je ne rentre pas dans le moule. » Elle n’a occupé son rôle de première dame que quelques mois avant son divorce, peu après le début du mandat de Nicolas Sarkozy.
Durant cette période, elle a séché de nombreux événements. Lors du sommet du G8 en Allemagne, elle a refusé de participer au « programme des épouses » et a préféré rentrer en France pour préparer l’anniversaire de sa fille. Quelques semaines plus tard, elle a décliné une invitation à déjeuner de George W. Bush, prétextant une angine, mais des journalistes l’ont croisée en vacances, se promenant avec des proches.
Bien que cette séparation soit parfois vue comme un exemple d’indépendance, Cécilia Attias a répondu : « Ce n’était pas du courage, c’était ce qu’il fallait faire pour être en accord avec moi-même ».
**Anne-Aymone Giscard (1974-1981)**
L’épouse de Valéry Giscard d’Estaing a été première dame pendant sept ans, de 1974 à 1981. Souvent décrite comme discrète et timide, elle a été moquée après ses vœux de bonne année, particulièrement tendus, en 1976. Bien qu’elle n’ait pas évoqué de « souffrance » en tant que première dame, Anne-Aymone Giscard, aujourd’hui âgée de 93 ans, a accueilli avec soulagement la fin de ce septennat.
« Le poids des obligations officielles, c’est vraiment quelque chose de lourd. Certaines activités ne sont pas très drôles tous les jours. L’idée de refaire la même chose pendant encore sept ans, c’est éprouvant. Quand je pense aux malheureuses souveraines, en Angleterre, aux Pays-Bas ou au Danemark qui ont cela à vie, je ne les envie pas », expliquait-elle dans le livre de Bertrand Meyer-Stabley sorti en 1987, Les dames de l’Elysée : celles d’hier et de demain. Elle n’a d’ailleurs jamais résidé à l’Elysée.
**Betty Ford (1974-1977)**
Aux États-Unis, la First Lady Betty Ford a été propulsée dans ce rôle suite au scandale du Watergate qui a contraint Richard Nixon à la démission. Gerald Ford, son mari, a alors été promu à la présidence. Dans son ouvrage Betty : A Glad Awakening (1987), elle évoque la carrière politique de son époux : « d’un côté, j’aimais être “la femme de” ; de l’autre, j’étais convaincue que plus [Gerald] gagnait en importance, plus j’en perdais moi-même ».
Betty Ford a développé une addiction aux médicaments, et à l’alcool dans les années 1960. Son combat contre l’addiction, mais aussi contre un cancer du sein, a fait d’elle l’une des premières dames des États-Unis les plus respectées pour sa résilience.
**Pat Nixon (1969-1974)**
Avant Betty Ford, Pat Nixon a formulé l’une des déclarations les plus célèbres sur ce rôle : « Être première dame est le métier non rémunéré le plus difficile au monde ». Si de nombreux emplois non rémunérés sont particulièrement éprouvants, les First Ladies sont souvent surdiplômées mais doivent vivre dans l’ombre de leur mari. Patricia Nixon a cumulé les emplois, en parallèle de ses études, avant de devenir première dame. « J’ai sacrifié tout ce qui m’était cher dans la vie pour faire avancer la carrière politique de mon mari », a-t-elle déclaré.
Après un rendez-vous entre sa fille et le député Barry Goldwater Jr., un journaliste a demandé à Pat Nixon si elle aimerait que sa fille épouse un homme politique. « Je serais désolée pour elle », a-t-elle répondu. Après un moment de silence gêné, l’un des participants l’a relancée d’une voix hésitante. « Mais vous avez eu une belle vie, non ? » Et l’ancienne première dame de répondre : « Je ne raconte pas tout, c’est tout ».

