France

Incendies : vocabulaire des pompiers expliqué, entre « fixé », « circonscrit » et « maîtrisé »

EDIT du 28/07/2026 : À la suite des incidents virulents qui touchent à nouveau une partie de la Gironde et des Landes, nous vous proposons de redécouvrir cet article initialement publié le 9 juillet 2025.

Les pompiers ont engagé la lutte contre le feu, espérant le fixer rapidement avant de traiter, une fois qu’il sera maîtrisé, les foyers résiduels qu’il faudra noyer pour enfin déclarer l’incendie éteint. Ils devront ensuite surveiller d’éventuels points chauds pour éviter de nouveaux départs de feu. Ces termes sont utilisés par les sapeurs-pompiers pour décrire les différentes étapes du traitement d’un incendie, qu’il s’agisse d’un feu de maison ou d’un feu de forêt. Nicolas Mougin, officier à la direction départementale des pompiers du Nord, nous éclaire à ce sujet.

« Attaquer »

Ce terme décrit la première phase d’intervention sur un incendie, lorsque les pompiers arrivent sur les lieux, commencent à déployer les moyens et que le dispositif se met en place.

« Fixé » ou « circonscrit »

Ces deux termes signifient la même chose, bien que les pompiers utilisent le premier principalement pour les feux de forêt. On dit qu’un feu est fixé ou circonscrit lorsque l’on sait qu’il ne s’étendra plus, que sa progression est arrêtée.

« Maîtrisé »

Un feu est considéré comme maîtrisé lorsque le cœur du foyer principal est éteint ou qu’il est sous contrôle. C’est à ce moment que les pompiers peuvent s’attaquer aux foyers résiduels, c’est-à-dire tout ce qui entoure le foyer principal.

« Éteint »

Un feu est qualifié d’éteint lorsqu’il n’y a plus ni flammes, ni braises.

« Points chauds »

Une fois qu’un feu est jugé éteint, il est nécessaire de vérifier les points chauds à l’aide, notamment, de caméras thermiques. Il s’agit de braises potentielles qui continuent de se consumer et qui ne sont pas forcément visibles à l’œil nu, car elles peuvent être enfouies sous terre.

« Noyer »

Ce terme désigne l’action d’arroser abondamment le sol, tant en surface qu’en profondeur, pour traiter les points chauds et éviter qu’ils ne provoquent de nouveaux départs de feu.

D’autres termes peu utilisés en France

Heureusement, les « méga feux » sont très rares en France, contrairement aux États-Unis ou au Canada. Le premier incendie de forêt à avoir été qualifié de méga feu est celui qui a ravagé près de 14.000 hectares en Gironde en juillet 2022. On parle de méga feu lorsque les surfaces brûlées sont considérables, que l’énergie du foyer et sa vitesse de propagation dépassent l’entendement.

En France, on peut également entendre parler de « feu zombie », bien que ce terme soit plutôt utilisé lors d’incendies dans des zones très froides, comme l’Alaska ou la Sibérie. Il désigne un feu qui est étouffé en surface, invisible, mais qui continue de se consumer et de s’étendre sous terre. Ce phénomène avait été observé après le méga feu de juillet 2022 en Gironde. Plusieurs foyers souterrains avaient couvé jusqu’au mois d’août, provoquant le redémarrage d’un brasier qui avait déjà ravagé plus de 7.000 hectares supplémentaires.