France

Incendies : Les gendarmes s’efforcent de retracer l’origine des feux

Depuis le début de l’été, la France a connu une vague d’interpellations liées à des incendies, avec plus de 400 personnes, dont 150 mineurs, arrêtées pour des départs de feu. Ces enquêtes, souvent menées par les gendarmes de la cellule RCCI (Recherche des causes et circonstances d’incendie), visent à déterminer les origines de ces sinistres. Le major Christophe Peigne, membre de cette unité dans le Var depuis 2003, explique que leur travail s’est élargi au fil des années, passant d’une intervention sur de grands incendies à une approche systématique, quel que soit le type de feu.

La cellule RCCI, qui regroupe 35 professionnels, dont gendarmes, pompiers et agents de l’ONF, se concentre sur les feux d’espaces naturels. Lorsqu’un incendie se déclare, leur première tâche consiste à localiser le point d’éclosion. Bien que cela soit souvent difficile, des méthodes rigoureuses sont mises en œuvre. Par exemple, lors d’un incendie en 2021 dans le massif des Maures, l’équipe a pu retracer la source d’un feu à partir d’une zone initiale de 2.000 m² jusqu’à un mégot de cigarette dans une zone de 10 cm².

L’analyse des sites brûlés s’effectue en suivant les lignes de carbonisation et en recherchant des indices. Les produits accélérateurs laissent également des traces, et les pompiers sont formés à préserver les lieux comme s’il s’agissait d’une scène de crime. Si l’extinction du feu est nécessaire, les enquêteurs s’efforcent de conserver les preuves.

Concernant les motivations derrière ces incendies, dans le Var, environ 25 à 35 % des feux sont intentionnels, tandis que 60 à 70 % sont d’origine accidentelle, souvent liés à des activités humaines comme des barbecues ou des mégots. Les enquêteurs surveillent également les zones où des départs de feu se produisent régulièrement, en mettant en place des patrouilles et des contrôles routiers pour prévenir les récidives.

L’évolution du métier de gendarme spécialisé dans les incendies a été marquée par une généralisation de ces cellules à l’échelle nationale. L’utilisation de l’intelligence artificielle pour analyser les colonnes de fumée et les conditions météorologiques a également été intégrée, bien que certains outils commencent à montrer leurs limites face au réchauffement climatique. En 2023, une nouvelle équipe nationale a été créée pour évaluer les dommages écologiques causés par les grands incendies, soulignant l’importance croissante de la préservation de la faune et de la flore dans l’analyse des sinistres.