
Incendies : Former la population aux feux de forêt face à l’urgence climatique.
Gironde, Landes, Pyrénées-Orientales, Var… Depuis le début de l’été, les incendies de forêt se multiplient à travers la France, un phénomène qui semble s’intensifier avec le temps. Les prévisions climatiques annoncent une augmentation de la température de +2,7 °C d’ici 2050, entraînant un doublement du risque d’incendie en termes de « jours à risque élevé » et une multiplication par quatre de la surface brûlée. Chaque année, la saison des feux s’étend, touchant même des régions qui étaient auparavant épargnées. Face à cette situation alarmante, la question se pose : est-il nécessaire de former le grand public à la lutte contre les incendies ?
Pierre-Elisé Bartoli, qui dirige l’entreprise BFS & Co, est un acteur engagé dans la prévention des incendies depuis plus de quinze ans. Il explique que son équipe intervient dans des lieux comme des campings ou des lotissements équipés de robinets d’incendie, afin d’apprendre aux citoyens à réagir dès les premiers signes d’un incendie. Pour Bartoli, la clé réside dans la prévention. « Notre objectif est d’anticiper la survenue d’un incendie. Cela représente 50 % de la formation. Le reste concerne la transmission de l’alerte, la localisation et la gestion des débuts d’incendie avec des équipements appropriés, tout en évitant de se mettre en danger », précise-t-il.
Il souligne également l’importance de la responsabilité individuelle. Chacun, selon lui, doit devenir un acteur de sa propre sécurité et celle des autres, en respectant les consignes des autorités. Bartoli évoque l’exemple des agriculteurs qui ont aidé en apportant de l’eau cet été, tout en étant encadrés par des pompiers pour garantir leur sécurité.
Pour prévenir les départs de feu, il est essentiel d’adopter des comportements responsables dès le plus jeune âge. Bartoli rappelle des gestes simples, comme jeter les mégots dans un cendrier ou organiser les barbecues de manière sécurisée. Il déplore également certaines imprudences, comme le fait de couper des barres de fer près des forêts en période de risque élevé d’incendie.
L’aménagement des espaces autour des habitations est un autre point crucial. « Il est nécessaire de débroussailler sur un rayon de 50 à 80 mètres autour des maisons pour les protéger et faciliter l’intervention des secours », explique-t-il. Des dispositifs autonomes, tels que des asperseurs, peuvent également être mis en place pour protéger les habitations avant qu’un incendie ne se déclare.
Cependant, Bartoli insiste sur le fait que la formation à la lutte contre les incendies ne peut pas aller trop loin. « Le feu de forêt est extrêmement dangereux. Pour aller plus loin, il faudrait devenir sapeur-pompier volontaire. La formation spécialisée pour les pompiers dure une semaine, en plus de leur formation initiale », précise-t-il. Les feux de forêt présentent des caractéristiques uniques et imprévisibles, ce qui rend leur gestion complexe.
La prévention est donc primordiale. « Un incendie sur deux est causé par une imprudence. Il est essentiel de développer une culture du risque liée aux feux de forêt, tout comme on le fait pour la ceinture de sécurité en voiture », déclare-t-il. Cette prise de conscience doit s’étendre à tous, car les incendies ne se limitent plus à certaines régions. Des pays comme la Grèce et la Croatie sont également touchés par cette problématique.
Les conditions climatiques actuelles sont de plus en plus extrêmes, et les comportements des incendies évoluent rapidement. Bartoli souligne que les phénomènes qui prenaient plusieurs heures à se développer se manifestent désormais en quelques minutes. « Ce constat devrait tous nous interpeller », avertit-il.
La préparation au risque d’incendie ne doit pas se limiter à l’été. Bartoli recommande de commencer dès l’automne à anticiper, budgétiser et débroussailler. « En agissant ainsi, nous pourrions réduire l’ampleur des incendies et les pertes humaines et matérielles qui en résultent », conclut-il. Il est crucial de protéger nos forêts, car elles jouent un rôle vital dans notre environnement.
