France

Incendie en Gironde : « Je ne pouvais pas partir sans elle »… Les animaux parmi les réfugiés à Bordeaux

Au Parc des Expositions de Bordeaux, Monique, 87 ans, a quitté son domicile en emportant l’essentiel : un paquet de croquettes et son chat Mozza. « Je ne sais même pas si j’ai pensé à prendre tous mes papiers », plaisante la retraitée en se remémorant la scène. « J’étais la seule dans l’immeuble. Tout le monde est parti en trombe pendant que moi, je courais après mon chat ! » Evacuée dans la nuit de vendredi à samedi en raison des fumées menaçant son logement, l’octogénaire était certaine d’une chose : « Je ne pouvais pas partir sans elle. »

Des chats, des chiens, des lapins et même des tortues ont trouvé refuge au Parc des Expositions de Bordeaux. Ce mercredi soir, le grand hangar situé au nord de la ville, qui a accueilli en près d’une semaine plusieurs milliers de réfugiés, est devenu une véritable « Arche de Noé », déclare Annie, rescapée de l’incendie.

Une expérience « traumatisante » pour les animaux. « Ce week-end, on a répertorié jusqu’à 100 animaux en simultané sous le hangar », affirme Julie, responsable du pôle vétérinaire. Arrivée dimanche sur les lieux, elle effectue régulièrement un recensement des animaux, de leurs besoins en eau et de leur état de santé. « On peut dire que je m’occupe de leur check-up, explique la jeune femme, une situation comme celle-ci peut aussi être traumatisante » pour eux.

« Depuis qu’on est ici, il perd énormément de poils », décrit Monique en montrant le pelage de Mozza. « Au début, il était très craintif et se cachait sous mon lit de camp, mais maintenant, il se laisse caresser par la voisine. » Si Mozza fait partie des animaux dont on oublierait presque l’existence, d’autres sont beaucoup plus agités. Christine et Cyril ont dormi dans leur voiture trois nuits de suite, « pour éviter de réveiller tout le monde » à cause des aboiements de leur chiot. La tortue Léon, quant à elle, est devenue « la mascotte » du Parc, raconte Julie. Cependant, le petit reptile a rapidement été remis dans sa cage « car tout le monde voulait le toucher, il peut rapidement choper tous les microbes. »

La situation n’est pas idéale non plus pour ces animaux, surtout depuis la montée des températures mercredi. « Plusieurs chats ont été envoyés dans un hall différent à cause d’un coup de chaud », explique la volontaire. Ils y ont été perfusés en raison de leur déshydratation. Julie raconte qu’une évacuée s’est effondrée en larmes en apprenant qu’elle allait devoir laisser son chat aux vétérinaires.

Bénévole depuis quatre jours, la Bordelaise confie faire « aussi du social » et « un peu de psy ». « S’accrocher à son animal, c’est se conforter dans l’idée qu’il y a encore quelque chose qui va. Leurs animaux, c’est toute leur vie. »

Conscients de l’importance de ces compagnons pour les réfugiés, la Métropole de Bordeaux a mis en place des mesures pour rendre leur séjour un peu plus agréable. À l’entrée du hall principal, le pôle vétérinaire se distingue par la distribution de croquettes, litières et jouets. « Des dons, on en a presque trop », sourit Julie.

Derrière elle, une zone de promenade pour chats a été aménagée dans un espace de 20 m² recouvert de couvertures de survie. « Ça permet aux familles de pouvoir passer, une à une, un moment avec leur animal en liberté. » Pour le bien de tous, ici, les animaux doivent être tenus en laisse ou dormir dans leur cage.