France

Haute-Loire : Les habitants manifestent contre le racisme

Samedi, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées près du Puy-en-Velay en Haute-Loire, six jours après qu’un sexagénaire a été suspecté d’invectives racistes et d’avoir tiré à la carabine à plomb près d’un groupe d’enfants. Une enquête a été ouverte pour injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion et « violence avec arme », et le sexagénaire sera jugé en correctionnelle début juillet.


Ils étaient plusieurs centaines à se rassembler samedi près du Puy-en-Velay, en Haute-Loire. Cette mobilisation a eu lieu six jours après qu’un sexagénaire a été suspecté d’avoir proféré des invectives racistes et d’avoir tiré à la carabine à plomb à proximité d’enfants d’une cité, selon un correspondant de l’AFP.

L’acte de cet homme de 65 ans, qui a été brièvement placé en garde à vue, avait suscité un vif émoi dans la cité HLM de l’Arbousset à Espaly-Saint-Marcel le 19 avril.

Une enquête ouverte

Une enquête a été ouverte pour injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ainsi que pour « violence avec arme ». Il sera jugé en correctionnelle début juillet. « Aucun propos à caractère raciste n’a été évoqué par les témoins ou les victimes », avait déclaré le procureur de la République du Puy-en-Velay le 21 avril. Un enfant a indiqué que l’arme a été pointée une fois sur lui, mais cela n’est pas rapporté par les autres témoins et victimes. Aucun tir en direction des personnes présentes n’a été constaté et aucune blessure n’a été déplorée.

Le sexagénaire « s’est avancé vers les enfants qui jouaient au ballon avec une carabine. Ils lui ont demandé ce qu’il faisait avec ; il a répondu qu’il avait le droit et que s’ils le dérangeaient, il allait tirer. Puis il a mis en joue mon fils en disant ‘dehors sales nègres et sales arabes’ », a raconté à l’AFP le père d’un garçon de 10 ans, qui est resté traumatisé après ces événements.

Une deuxième plainte

Romain Montbeyre, membre du bureau national de SOS racisme, a exprimé son indignation que la famille ait dû déposer une deuxième plainte pour que le caractère raciste de l’agression soit reconnu. « Ce n’est pas nouveau, dit-il, il y a un abandon total des victimes d’actes racistes en France, elles ne sont pas prises au sérieux. »

« Tous de la même couleur », « non aux racismes », « Justice pour nos enfants », pouvait-on lire sur les affiches colorées brandies par les manifestants.