
Guerre en Ukraine : Pouvoir ukrainien touché, Trump et négociateurs reviennent
Depuis près de cinq ans, un certain équilibre semblait s’être installé entre Kiev et Moscou, basé sur un consensus tacite d’éviter les attaques contre les institutions gouvernementales. Cependant, cette trêve a été rompue ce vendredi. En début d’après-midi, un drone russe a ciblé le siège des services de sécurité ukrainiens (SBU), situé au cœur de Kiev, près de la cathédrale Sainte-Sophie. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a indiqué que la cible était le bureau d’Oleksandre Poklad, le chef de cette importante institution, qui a miraculeusement échappé à l’attaque. Le bilan fait état de douze blessés. En réponse, Zelensky a ordonné la préparation d’une riposte proportionnelle.
Cette escalade intervient alors que l’Ukraine avait récemment averti les compagnies aériennes que l’espace aérien russe n’était plus sécurisé, une déclaration qualifiée de « grave erreur » par le président russe, Vladimir Poutine. La diplomatie ukrainienne a dénoncé cette attaque comme une « grave escalade », soulignant qu’elle survient à un moment délicat, alors que des discussions de paix pourraient reprendre sous l’égide des États-Unis.
Dans le contexte politique français, le candidat Edouard Philippe a réagi avec force à des propos de Louis Aliot, maire RN de Perpignan, qui avait suggéré de « couper le robinet » à l’Ukraine. Philippe a affirmé : « Affaiblir l’Ukraine comme le souhaite Marine Le Pen, c’est menacer la sécurité de l’Europe et de la France. Je ferai tout pour l’en empêcher. » Cette déclaration s’inscrit dans un climat électoral où le conflit ukrainien prend une place centrale. Marine Le Pen a répliqué en évoquant le « bilan international piteux » de Philippe et en rappelant les visites de Vladimir Poutine chez Emmanuel Macron.
Un autre fait marquant de la journée concerne l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dont les entrepôts en Ukraine ont été attaqués à trois reprises en trois mois, la dernière attaque ayant eu lieu jeudi. Un porte-parole de l’OMS a confirmé qu’une frappe aérienne dans l’oblast de Kiev avait touché l’un des principaux entrepôts, où étaient stockés des fournitures médicales humanitaires.
Enfin, dans un développement inattendu, Donald Trump semble reprendre la main sur le dossier ukrainien. Kiev a annoncé que ses émissaires, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront à Kiev dimanche, marquant leur première visite dans le cadre du plan de règlement du conflit proposé par le président américain. Zelensky a précisé qu’aucune frappe aérienne ne serait menée contre la Russie durant cette visite, tout en appelant à la réciprocité de la part de Moscou. Cependant, le Kremlin n’a pas encore confirmé la présence des médiateurs américains sur son sol.
