Guerre au Moyen-Orient : Trêve fragile entre États-Unis et Iran
La trêve entre les Etats-Unis et l’Iran, en vigueur depuis le 8 avril, va expirer « mercredi soir, heure de Washington ». L’Iran a annoncé samedi reprendre « le strict contrôle » du détroit d’Ormuz, revenant sur sa décision de le rouvrir.
Alors que la fin des deux semaines de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran se profile, la tension est maximale après plus d’un mois de conflit ayant embrasé le Moyen-Orient et affecté l’économie mondiale. Lundi, les deux parties se sont adressé des menaces mutuelles et l’incertitude sur une reprise des pourparlers au Pakistan demeure.
Une source proche du dossier a confirmé qu’une délégation américaine devrait bientôt se rendre à Islamabad pour de nouvelles discussions avec l’Iran, mais sans précision sur la date ou l’heure. Aucune information complémentaire n’a filtré sur ce déplacement en début de soirée à Washington.
**Trump pessimiste sur le cessez-le-feu**
En vigueur depuis le 8 avril, la trêve doit expirer « mercredi soir, heure de Washington », a déclaré Donald Trump à l’agence Bloomberg, jugeant « très improbable » une extension du cessez-le-feu. Cette trêve devait initialement se terminer dans la nuit de mardi à mercredi, heure de Téhéran.
« Nous n’acceptons pas de négocier sous la menace et, au cours des deux dernières semaines, nous nous sommes préparés à abattre de nouvelles cartes sur le terrain », a affirmé sur X le président du Parlement de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf. L’Iran n’a pas « à ce stade » de « projet pour le prochain cycle de négociations et aucune décision n’a été arrêtée à ce sujet », a déclaré plus tôt le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, remettant en question le « sérieux » des États-Unis.
**Le détroit d’Ormuz totalement bloqué**
Si les demandes américaines ne sont pas satisfaites avant la fin du cessez-le-feu, « beaucoup de bombes exploseront », a averti Donald Trump, cette fois à la chaîne PBS, après avoir précédemment menacé en avril d’anéantir « une civilisation entière » en Iran. Le président américain a également réaffirmé qu’il comptait maintenir le blocus sur les ports iraniens « tant qu’il n’y aura pas de « DEAL » » avec Téhéran, soulignant que cela coûte à l’Iran « 500 millions de dollars par jour, un chiffre intenable pour eux, même à court terme ».
Face à cette situation, l’Iran a annoncé samedi qu’il reprenait « le strict contrôle » du détroit d’Ormuz, revenant sur sa décision de le rouvrir. Le trafic maritime a donc été de nouveau suspendu lundi dans cette voie navigable stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Emmanuel Macron a dénoncé le même jour une « erreur des deux côtés », américain et iranien, concernant le détroit d’Ormuz, dont le blocage a des répercussions sur les prix du pétrole et l’économie mondiale, appelant « tout le monde à revenir au calme ».

