Guerre au Moyen-Orient : Le Hezbollah ne tolère pas une caricature Angry Birds
Le Hezbollah a jugé samedi « offensante » une vidéo publiée par LBCI, caricaturant le chef et les combattants du groupe en personnages du jeu vidéo Angry Birds. Le président libanais, Joseph Aoun, a condamné « toute atteinte aux chefs des communautés religieuses chrétiennes et musulmanes ainsi qu’aux figures spirituelles du Liban ».
Une parodie sur la guerre au Moyen-Orient suscite une controverse au Liban. Le Hezbollah a qualifié samedi de « offensante » une vidéo diffusée par une chaîne de télévision libanaise qui caricature son chef et les combattants du groupe pro-iranien en personnages du célèbre jeu vidéo Angry Birds.
Diffusée sur la plateforme X par LBCI vendredi, cette vidéo met en scène des combattants du Hezbollah, incluant leur leader, Naïm Qassem, sous la forme d’oiseaux, certains munis de gilets explosifs et de lance-pierres, affrontant des Israéliens représentés par des cochons menant des frappes aériennes ou pilotant des drones en forme de porc.
### La vidéo désormais supprimée
Dans un communiqué, le Hezbollah a déclaré que cette vidéo contenait « des insultes offensantes […] qui rabaissent le débat politique à un niveau répugnant ». La chaîne a précisé avoir retiré la vidéo après avoir été convoquée devant la justice.
Sur les réseaux sociaux, des sympathisants du Hezbollah ont réagi en diffusant des images insultantes du patriarche maronite Béchara Raï, la plus haute autorité chrétienne du Liban, suscitant de nombreuses réactions au plus haut niveau de l’État. Le président libanais, Joseph Aoun, a ainsi « condamné […] toute atteinte aux chefs des communautés religieuses chrétiennes et musulmanes ainsi qu’aux figures spirituelles du Liban ». Il a également « appelé chacun […] à s’abstenir d’insultes personnelles […] en particulier dans les circonstances actuelles que traverse le pays, qui exigent une grande solidarité nationale ».
### Une liberté d’expression très relative
Nabih Berri, le président du Parlement et allié du Hezbollah, a dénoncé « les campagnes d’insultes et d’attaques contre les symboles religieux et nationaux, quelle qu’en soit la source ou les moyens utilisés, que ce soit dans les médias ou en ligne ».
Bien que le Liban bénéficie d’une relative liberté d’expression par rapport à d’autres pays arabes, les médias, artistes et humoristes sont souvent la cible de campagnes de harcèlement lorsque leurs propos sont jugés offensants envers des figures politiques ou religieuses. Fondée dans les années 1980 par les Forces libanaises (FL), un parti chrétien opposé au Hezbollah, LBCI a depuis pris ses distances avec ce dernier.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui depuis a mené des frappes sur le pays voisin ayant causé plus de 2.600 morts, selon les autorités. Les violences persistent malgré une trêve qui est entrée en vigueur le 17 avril.

