Guerre au Moyen-Orient : le gouvernement ne souhaite pas encadrer les marges des carburants.
Le gouvernement envisage un encadrement des marges des distributeurs sur les prix des carburants à la pompe, afin d’« éviter des effets d’aubaine » liés à la crise provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Selon une source gouvernementale, la marge des distributeurs ne pourra pas dépasser la moyenne réalisée constatée sur les mois d’avant crise, en janvier et février.
Pas (trop) de profit sur la guerre en Iran. Le gouvernement envisage d’encadrer les marges des distributeurs concernant les prix des carburants à la pompe, afin d’« éviter des effets d’aubaine » liés à la crise provoquée par la guerre au Moyen-Orient, selon un projet de décret.
La décision d’encadrer ces marges de distribution « n’est pas tranchée », a déclaré Matignon. Ce projet de décret « relatif au prix de vente au détail des carburants » a pour objectif « de lisser la répercussion de l’évolution des cours sur les prix à la pompe avec une approche individualisée pour chaque station-service, tout en veillant à éviter des effets d’aubaine en termes de marges à la distribution », précise la fiche de présentation du projet de texte, qui sera soumis à l’avis du Conseil national de la consommation et du Conseil d’État.
Les prix à la pompe, quant à eux, ne seront pas plafonnés. Selon une source gouvernementale, ce texte permet au gouvernement de plafonner les marges des distributeurs, mais cela ne signifie pas que les prix à la pompe seront plafonnés, ceux-ci restant variables en fonction de l’évolution des cours. Toujours d’après cette source, la marge des distributeurs ne pourra pas excéder la moyenne constatée avant la crise, en janvier et février.
Il n’y aura pas de blocage des prix. Le texte prévoit un « seuil de déclenchement automatique » de la mesure, stipulant que « l’encadrement s’applique lorsque les cotations des produits raffinés dépassent les valeurs les plus élevées constatées juste avant la crise à la fin février », soit environ 1,71 euro TTC par litre pour l’essence et le gazole, qui représente également le « prix moyen constaté en France métropolitaine au jeudi 26 février », selon la fiche de présentation du texte.
Ces dernières semaines, le gouvernement a écarté l’idée d’un blocage des prix, soulignant que cela pourrait entraîner des pénuries, alors que la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, réclame un « prix maximum à la pompe de 1,70 euro ».
Pour l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, « mettre 50 jours pour réagir interroge », a déploré sa présidente Marie-Amandine Stévenin.

